Je serais tellement plus utile au chômage #emploi #hasbeen

brazil

Je suis exaspéré. Si, si 🙂

Je n’entends parler que d’emploi. C’est devenu l’étalon or, la justification absolue, le fourre tout. Pas une émission, pas un discours politique sans que cela ne dirige les débats. On se moque de l’intérêt des choses, on ne compte que les emplois. Et en plus on compte mal, souvent on ment.

J’ai 45 ans, je suis né en 68, année de certains rêves. Je suis à peine plus vieux que le 1er choc pétrolier, je n’ai entendu au cours de ma vie que des encravatés me dire qu’ils se battent pour la croissance et l’emploi. Et je n’ai jamais connu que le chômage de masse et la décroissance de mon environnement.

Reconnaissance sociale.

On a besoin d’argent pour vivre, soit. On a besoin de faire des choses pour s’épanouir, je le pense. Mais quel rapport avec l’emploi? Pourquoi est-il si profondément ancré en nous que c’est une valeur? J’ai bien une idée mais là on va tomber dans le subjectif et je voudrais être consensuel aujourd’hui 😉

Restons en donc aux faits. Qui pourrait dire qu’un employé de nos armuriers qui travaille pour un gras salaire sur les mines anti-personnelles ou les armes biologiques est plus utile à la société que Mr René, chômeur senior sans espoir de retour à l’emploi et qui passe son temps a donner du soutien scolaire à nos enfants.

Notre société nous éduque à lui nuire

Je suis ingénieur, on m’a donné un diplôme qui sans me protéger de tout me donne toutes le chances. Et je m’en suis servi: j’ai tout. En tout cas j’ai tout ce qui pour moi fait une vie bien privilégiée, je ne souhaite rien de plus. Quand je regarde mes amis ingénieurs, l’immense majorité travaille, comme moi il y a peu, pour des grosses boites et mettent leur « génie » au service d’empires économiques sans avoir la moindre maîtrise de ce qu’ils font et pourquoi ils le font. Quand tu penses que des ingénieurs travaillent à l’obsolescence programmée, et on nous dira qu’il n’y a pas de sot métier.

Il y a 2 ans ma femme et moi avons pris une décision un peu folle: tout larguer pour aller s’installer au bord de la mer. La chance a été de la partie: un ami m’a offert un emploi de rêve, je travaille de chez moi sur des choses que j’aime. Le pied absolu.

Cela n’empêche que je me suis posé beaucoup de questions à cette époque sur ce que j’allais faire de ma vie. Je débarquais dans un environnement de rêve mais quitter un boulot stable de cadre en région parisienne pour aller s’enterrer au fond du Morbihan, ce n’était pas très responsable en terme de carrière 🙂

J’ai encore des proches qui croient que j’ai fait ça pour faire plaisir à ma Dame. Ils n’imaginent pas que c’est moi qui ait eu l’envie, celle de changer d’air, de quitter ce cirque insensé où je me fanais.

Lorsque je suis arrivé, tout à mon émerveillement, j’étais plein d’envies, de volonté de faire quelque chose de bien. J’ai pensé à 10 000 trucs pour mettre mes modestes connaissances au service de la commune, de l’école, du collège, des vieux, et le constat est simple: à chaque fois que je pensais à quelque chose d’utile à la société, c’était impossible de pouvoir en vivre. Et tous les trucs qui me semblaient avoir une chance de marcher étaient au mieux inutiles, plus souvent nuisibles, donc hors de question.

Pourtant il y en a des choses à faire pour booster la société. Pour ne parler que de mon domaine, les développeurs pleins d’envies et de générosité sont légions. Ils sont capables de grandes choses. Ceux qui ne connaissent pas ce monde n’imaginent peut être pas à quel point ils sont capables d’aider la communauté dans tous les aspects de la vie quotidienne.

Mais toute cette énergie, toute cette puissance est mise au service de la marge à 2 chiffres. L’immense majorité de ces artisans du futur finiront dans de tristes gratte-ciels à développer une technologie rentable pour les actionnaires, parfois nuisible, en tout cas éloignée de toute considération pour l’intérêt général. Un seul coupable: l’emploi et donc la soumission comme unique perspective de revenus. Je sais, il existe aussi des entrepreneurs. On en parlera peut-être une autre fois 😉

Tant qu’on nous éduquera dans l’espoir d’avoir « une belle situation » (entendez « grassement payée », pas « noble métier »), ça ne risque pas de bouger.

Etre ingénieur ce pourrait être beau. Innover, inventer pour libérer les hommes du travail abrutissant, ce serait grand, le faire pour pousser massivement les gens au chômage, c’est une honte. J’entendais récemment Fleur Pellerin déclarer tous sourires numériques déployés que « les petits emplois c’est fini, on ne peut pas rivaliser avec les pays émergents, il faut développer les hautes technologies et les emplois hautement qualifiés ». Ah oui? C’est une ministre socialiste qui nous chante ça? Et on fait quoi des gens « non qualifiés », tout le monde à la poubelle? Concrètement oui, c’est bien ce que nous faisons. Et comme les dirigeants sortent exclusivement des zones « qualifiées », on continue le massacre dans des rêves illusoires de formation professionnelle qui vont élever le bon peuple.

Emancipation

J’ai travaillé 17 ans dans l’automatisation de tri postal. De merveilleuses machines qui mettent tellement de postiers au chomage. J’ai toujours eu l’utopie de la machine qui libère l’homme, mais le temps a passé et j’ai bien du me rendre compte que tout mon travail ne participait qu’au bénéfice exclusif de mes patrons, et au mien bien sûr. J’ai vraiment cru que ça changerait, que la révolution numérique mettrait un peu de temps à être comprise mais après toutes ces années pas l’ombre d’un début de prise en compte de cette nouvelle réalité: l’emploi disparaît.

Tout ceci n’empêche que le bilan que je tire modestement de ma petite expérience de vieux (j’ai appris récemment qu’à 45 ans je passais professionnellement dans la rubrique senior) est raide: nous marchons sur la tête. Au prétexte de booster la Sainte Croissance qui seule saura apporter le bonheur aux petites gens, nous avons appris à être rentables. Méritants dit-on dans le jargon politique, ultime hypocrisie. Tout ça pour qu’au final des jeunes rêvent de devenir footballeur ou rock star de la télé réalité, tu parles d’un mérite.

Il faut se libérer de l’emploi, je ne sais pas si c’est par le Revenu de Base, le Salaire à vie, ou d’autres propositions mais il existe des pistes de réflexion dont on n’entend jamais parler chez Pujadas. On continue de gaspiller des milliards à subventionner des pans entiers de l’économie dont l’activité est in fine nuisible à la société, tout cela soit-disant pour l’emploi.

Si les bonnets rouges pouvaient vivre sans être « obligés » de nuire à l’environnement breton, il n’y aurait plus de bonnets rouges. Mais faut bouffer, et donc l’intérêt général se sera pour plus tard, encore une fois.

159 Comments

  1. Le problème vient de la recherche du « toujours plus d’argent » lié au capitalisme… le système est vicié depuis le départ, vu que nos ressources ne sont pas infinies, il y a forcément un moment où cela va craquer. J’oserai dire que cela a d’ailleurs déjà commencé…
    Et, oui, comme vous, j’ai vu tout un tas d’initiatives fabuleuses ne pas se faire par manque de rentabilité, ce qui est lamentable. Pendant ce temps-là, mon imprimante peut encore imprimer 2589 pages avant de tomber en panne comme son programme l’indique.
    Merci pour ce billet et bonne continuation à vous !

    • Noloqoq

      A vrai dire, je n’imprime que 2 ou 3 fois par an, je n’ai donc plus d’imprimante depuis 3 ou 4 ans, je vais imprimer chez l’imprimeur, dont les imprimantes et photocopieuses sont toujours bien calées, ça me coute 20 centimes, soit environ 100 fois moins cher et réduit le nombre d’e-dechet. Je peux lui amener via clé USB, carte mémoire et il accepte aussi de le recevoir par mail. J’utilise Linux, donc des outils qui sortent des formats suffisamment standard pour que ce soit lu sans problème par ses logiciels. Les outils de Linux sont souvent développés par du temps libre au bénéfice de tous. Parfois par des entreprises intelligentes qui n’ont pas envie de réinventer la roue carrée alors que la roue ronde existe, mais qu’elle serait mieux avec des pneus adaptées aux routes de ses activités.

  2. catlord

    J’aime bien l’approche et votre démarche intellectuelle. A votre article, si je pouvais ajouter ma pierre je dirais que nous avons inventé des machines pour nous substituer, pourquoi ne pas regarder ces machines travailler en sirotant une bonne bière (ou ce que vous voulez) ?
    En revanche attention à Jorion, il dit des choses vraies (mais il ne révolutionne pas la pensée non plus), c’est un peu un gourou catastrophiste :p

    • Vincent

      Je ne partage pas votre opinion sur le « gourou catastrophiste ».

      Tout le monde comprend bien que
      1. la machine économique fonctionne grâce à la consommation, puisque les machines ne vont pas consommer à notre place
      2. pour consommer, il faut que les gens aient un revenu
      3. les travailleurs, c.a.d. les gens qui n’ont pas de rente (c.a.d. un droit à faire bosser les autres à leur place) ont absolument besoin de travail pour vivre
      4. l’automatisation + une répartition très inégalitaire des revenus génère du chômage de masse
      5. le chômage de masse réduit la consommation, et donc la croissance, ce qui provoque une chute de l’investissement et donc de l’emploi.

      Pour sa part, Jancovici fait remarquer qu’il y a une très forte corrélation entre volume de pétrole et activité économique:
      http://www.manicore.com/documentation/petrole/petrole_economie.html

      Et comme nous sommes très loin d’avoir trouvé une alternative au pétrole…

      • Alors,

        « 1. la machine économique fonctionne grâce à la consommation, puisque les machines ne vont pas consommer à notre place. »

        Non, grâce à la spéculation de la consommation, les machines peut-être adapté à la taille du marché.

        « 2. pour consommer, il faut que les gens aient un revenu. »

        Le Revenu de Base par exemple.

        « 3. les travailleurs, c.a.d. les gens qui n’ont pas de rente (c.a.d. un droit à faire bosser les autres à leur place) ont absolument besoin de travail pour vivre. »

        Le Revenu de Base par exemple (de base signifie qu’il peut en avoir en plus, grâce au travail).

        « 4. l’automatisation + une répartition très inégalitaire des revenus génère du chômage de masse »

        Le Revenu de Base par exemple.

        « 5. le chômage de masse réduit la consommation, et donc la croissance, ce qui provoque une chute de l’investissement et donc de l’emploi. »

        Non, à cause de la spéculation sur la consommation, les actionnaires font pression avec le « gourdin » nommer Emplois, pour accroître leur bénéfice et faire marcher les politiques comme des marionnettes !
        Faut pas tomber dans le piège, si tu entends de la part des gouvernement (tous borts confondus) que la croissance revient et que l’opposition dit le contraire, c’est bien parce que les marchés sont sur les coup de l’émotion.

  3. Bonjour,
    Bravo pour cette honnêteté, cette transparence.
    Oui, l’aliénation par la système, pour le système, nous rend aveugle et sourd à nos propres pulsions. Et nos chemins devient vite de ce qu’on « voudrait vraiment ».

    Comment provoquer la prise de conscience ? Comment soutenir (au sens premier, moral et solidaire) ceux qui souhaitent aider la communauté (bcp de gros mots, là !).

    Face à l’égoïsme de ceux qui nous gouvernent, face à leur dévouement tout acquis aux dessins les plus vils, notre altruisme est le seul vecteur de progrès. Les yeux ouverts, bien sûr 😉

    Bon lundi…

  4. nouille

    Très bonne article mais facile à dire une fois qu’on a réussi sa vie et obtenu tout ce que l’on souhaite. Lorsqu’on débute dans la vie actif il n’y a rien de plus difficile que de ne pas avoir d’emploi. Aujourd’hui c’est tellement difficile que certaines personnes qui ont dépassé la trentaine retourne vivre chez leurs parents en espérant que ça aille mieux.
    Je peux comprendre qu’au final on invente des boulots voir même des sociétés qui servent strictement à rien. Mais au final il y a de l’emploi.
    Trouver des solutions alternatives autre que le boulot pour avoir de l’argent, d’accord mais quoi ?

    • jcfrog

      Drôle d’idée. Non ce n’est pas facile, j’ai plus de pression aujourd’hui qu’il y 20 ans, je ne suis pas rentier, j’ai une famille à nourrir, je suis autant dans la nécessité de trouver des revenus pour demain que n’importe qui.
      Pour ce qui est des solutions, j’en ai déjà cité 2, l’idée n’est pas de ne plus travailler: l’emploi et le travail ne sont pas la même chose.
      Je ne cherche pas à me la couler douce. Si c’est que tu sous entends, j’ai du mal me faire comprendre 🙂

    • Pierre

      Je crois bien que c’est le coeur de la question. Les gens ont besoin d’argent, pas d’un emploi. Un emploi n’est qu’un moyen d’en obtenir. Les politiques ne peuvent pas regler le pb de l’emploi parcequ’il ne peuvent pas regler le pb de l’argent.

      Est-ce que l’on veut vraiment vivre dans une societe ou tout est fait a contre coeur dans le but d’obtenir de l’argent ?

        • Je pense que notre sens des valeurs tourne à l’envers! Oui il faut de l’argent pour vivre mais beaucoup moins que nous le pensons. Beaucoup de choses peuvent être faite par nous, le troc se développe de plus en plus, il s’agit aussi de retrouver un peu de bon sens et d’arrêter de gaspiller et d’avoir besoin de choses inutiles en tout genre. Réapprendre à vivre autrement qu’en achetant et consommant! Et c’est dans le domaine du possible!
          Un grand merci pour l’article que j’ai partagé et que je partage à 100%. Prenons un peu de temps pour réfléchir et essayons d’avoir des vies cohérentes…

        • Tu le dit, et il faut le souligné :

          « Non, les gens n’ont pas besoin d’argent, mais de pouvoir se nourrir, se loger, s’habiller. Ils ont aussi besoin d’épanouissement, de perspective, de projets. »

          Oui, l’emplois donne de l’argent qui donne du pouvoir (d’achat ou autres).

          • Dominique

            Oui, c’est le consumerisme auquel certains parents habituent leurs enfants d’autant plus qu’ils sont défaillants à leur apporter les vraies satisfactions de la vraie vie, qui fait exiger par les autres enfants que leurs parents .. et ensuite par eux-même et leur « compagnons de vie » puis leurs enfants… aussi leur apportent autant de « consommation » / « devoir d’achat » plus que « pouvoir d’achat ».

  5. Serge

    Je suis d’accord sur le fait que d’ériger l’emploi comme valeur centrale de notre société est un problème. Finalement, tout est envisageable si c’est pour l’emploi : subventions, sauvetages des banques etc. Mais l’étalon ne devrait pas être celui-là, clairement.

    Surtout que de façon assez paradoxale, l’emploi n’est pas à la mode : les entreprises ne veulent plus embaucher, les gens veulent entreprendre, le code du travail est une horreur, la fiscalité du travail dissuasive. On est dans une recherche de « l’emploi » des 30 glorieuses, mais celui-ci n’existe plus.

  6. Christophe Drevet-Droguet

    Malheureusement, la croissance est nécessaire (dans notre système). Elle est nécessaire car, sinon, c’est la récession, la crise… Et cela est imposé par le modèle monétaire en place, qui s’appuie massivement (>95%) sur la dette. Comme la dette appelle des intérêts, il faut bien que plus de personnes s’endettent, cette année, pour pouvoir rembourser le capital « emprunté » augmenté des intérêts des dettes de l’année dernière. Pour maintenir la masse monétaire en circulation à son niveau actuel, nous devrons nous endetter plus demain. C’est un cercle vicieux, sans espoir de sortie.
    On nous dit qu’il faudrait réduire la dette de l’État. Mais cela signifierait autant de masse monétaire en moins en circulation… nous empêchant d’effectuer nos échanges nécessaires (de vivre, en somme).

    Donc la croissance est nécessaire, indispensable… sous peine d’appauvrissement généralisé (sauf pour ceux qui créent la monnaie, bien sûr).

    À moins de changer de système… mais quand déciderons-nous de tout changer ?

    Nous libérer de l’emploi est une nécessité, mais il faudra aussi nous libérer de la monnaie-dette… et si on pouvait en profiter pour se libérer aussi de la (non-)représentation politique ! Tiens, d’ailleurs, ne serait-ce pas une clé ? Mais tu le sais bien, toi… JCFrog.

    Au sujet de la monnaie-dette, je suis en train de lire le livre de Gérard Foucher, très intéressant : http://libertybooks.eu/boutique/les-secrets-de-la-monnaie-changer-la-monnaie-pour-changer-le-monde/

    • Noloqoq

      Bof, le problème est uniquement que l’état emprunte aux banques privées à qui elle doit donc de l’argent et s’endette sans fin. L’Islande s’est débarrassé de ce système, à mis banquiers et politiciens responsables de ce genre d’escroquerie (avec l’aide d’Europole au passage), en prison, et c’est le seul état européen, sans dette, et avoir récupéré un bon niveau de « croissance » économique, ils manquent même de main d’œuvre si vous voulez vous réchauffer du froid avec des geysers :). Bon, il faut dire que pour en arriver là, ils utilisent la démocratie directe, comme en Suisse…

      • Christophe Drevet-Droguet

        Bof, le problème est uniquement que l’état emprunte aux banques privées à qui elle doit donc de l’argent et s’endette sans fin..

        Pas uniquement, non. In fine, si tous les États se débarrassaient de leurs dettes (ce que je souhaite quand même), ce sont les peuples qui finiraient par payer, à cause du manque de monnaie (diminution de la masse monétaire d’autant que le montant des dettes) Un défaut ne pourrait être bon que si nous reprenions la création monétaire, au profit du peuple (par exemple sous la forme d’un revenu inconditionnel), au lieu de la laisser aux banques, sous la forme des crédits.

        L’Islande s’est débarrassé de ce système, à mis banquiers et politiciens responsables de ce genre d’escroquerie (avec l’aide d’Europole au passage), en prison, et c’est le seul état européen, sans dette, et avoir récupéré un bon niveau de « croissance » économique, ils manquent même de main d’œuvre si vous voulez vous réchauffer du froid avec des geysers 🙂 .

        Malheureusement, ce n’est pas si rose que ce qu’on entend souvent. Je vous encourage beaucoup à lire ce billet, qui m’a bien refroidi sur ce pays pour lequel j’avais beaucoup d’espoir : http://sans-commentaire.info/2013/01/20/le-mythe-de-lislande-anticapitaliste-et-revolutionnaire-les-faits-rien-que-les-faits/

        Bon, il faut dire que pour en arriver là, ils utilisent la démocratie directe, comme en Suisse…

        Malheureusement, là encore, le processus de constituante tirée au sort a été bien saboté pour, à la fin, ne rien changer, semble-t-il, ou pas grand chose. Le changement (dans la continuité), c’est maintenant !
        http://www.vivreenislande.fr/2013/03/la-constitution-islandaise-assassinee.html
        http://studiotendra.com/2013/03/29/icelands-crowd-sourced-constitution-is-dead/

        Je terminerai donc par l’absolue nécessité que nous avons de nous saisir de notre processus constituant. Afin de pouvoir changer les règles du jeu, en profondeur. Et faire bien attention à le défendre, toujours, contre ceux qui veulent le pouvoir.

    • Dominique

      Où as tu vu que les Etats cherchent à rembourser leurs dettes sinon à l’augmenter moins vite l’année prochaine que l’année dernière, … et les USa à imprimer de nouveaux billets pour ne jamais avoir à la rembourser ni en payer les intérêts qui de toutes façons en Europe aussi sont proche de 0% l’an ? N’a t on pas vu l’année dernière que même des prêteurs voulaient payer un revenu à la France, et encore plus à l’allemagne pour avoir le plaisir de prêter à ces Etats afin qu’ils augmententent leur dette que ces Etats n’ont jamais cherché à rembourser ?

      • Christophe Drevet-Droguet

        Je suis d’accord. Je ne dis pas que les États cherchent à diminuer leur dette, seulement que ce n’est même pas souhaitable dans le système actuel d’argent-dette. Plus de dette = plus de monnaie.

        Par contre, j’entends toujours, sur les médias dominants, que nous devrions la réduire, cette dette. Que nous avons vécu au-dessus de nos moyens depuis 30 ans, etc…
        Ce discours a pour objectif de nous maintenir (de nous enfoncer ?) dans l’asservissement.

  7. Il est rare que je poste des commentaires sur des blogs suite à l’avènement de Twitter. Mais je me reconnais tellement dans ton article que c’est inévitable sur ce coup!

    J’ai moi aussi fait le choix, avec ma femme et un premier enfant de m’éloigner d’une grande métropole (pas Paris, qui voudrait vivre là bas?) pour bâtir une maison à la campagne et jouir de ce bien meilleur cadre de vie.

    Comme toi j’ai eu des centaines d’idées, pourquoi ne pas créer une entreprise visant le marché local dans mon secteur d’activité, puisqu’il n’y a rien correspondant ici. Je suis parent d’élève pour l’école de mon fils ainé (oui parce que entre temps il y en a eu un second) et bien que le temps me manque un peu je suis terriblement attiré par les activités associatives locales.

    Suite à un licenciement abusif j’ai eu la *joie* de voir les revenus de mon ménage diminuer d’environ 1000 € par mois, bien qu’un certain Pôle Emploi m’aide un peu l’avenir n’est pas si rose et nous nous serrons la ceinture.

    Mon regret aujourd’hui est celui là … Pourquoi ne pourrais-je pas rester chez moi à m’occuper de mes 2 fils (3 ans et 6 mois), participer aux activités associatives locales et également donner des cours de soutiens scolaires aux plus jeunes, puisque je le fais aussi?

    Je serais tellement heureux de pouvoir vivre comme ça, ainsi que de continuer à cultiver mon jardin, passer la tondeuse… Mais quoi qu’on dise il semblerait qu’effectivement l’argent fasse le bonheur, puisqu’il est la base de notre société de consommation.

  8. Lionel

    Ah le mythe de l’obsolescence programmée, je vous invite à lire cet article : http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2011/03/07/1773-le-mythe-de-l-obsolescence-programmee

    Pour répondre à Davlin concernant les ressources naturelles qui sont finies, elles peuvent l’être si on considère ce qui aujourd’hui est une ressource utilisée par l’homme, mais quid des ressources nouvelles ? Le pétrole lorsqu’il jaillissait quand les bedouins creusaient un puits était considéré comme une saleté. Une ressource naturelle n’est rien sans l’intelligence et le travail de l’homme qui permet de l’utiliser. Voilà pourquoi elles sont très très très loin d’être en danger les ressources naturelles, on ne sait même pas laquelle nous servira demain.
    Enfin Davlin vous dites « Et, oui, comme vous, j’ai vu tout un tas d’initiatives fabuleuses ne pas se faire par manque de rentabilité ». Vous vous lèveriez le matin pour labourer des champs et planter des patates pendant 10 heures de temps pour qu’à la fin on vous donne une patate pour vous nourrir vous et votre famille ? Non ? Tiens, vous êtes en recherche de rentabilité vous aussi…

    J’aime ces critiques du capitalisme faites sur un media moderne permis par le capital, par des gens dont le confort de vie, la faible mortalité en couche de leur maman, l’espérance de vie et la qualité de la nourriture qu’ils ingurgitent tous les jours est du au capital. Messieurs, (Mesdames ?) de l’antiquité à 1800 aucun de ces paramètres (espérance de vie, qualité de la nourriture, faible mortalité en couche, confort, …) ne s’est amélioré d’une manière notable. Ce n’est que depuis le XIX° siècle et le capitalisme sur lequel vous crachez que tous ces indicateurs ont bougé et bougent encore tous les jours de manière vertigineuse.
    C’est bien peu de respect pour la main qui vous nourrit.

    • Bravo, super, j’applaudis des deux pieds.

      Votre intelligence supposée sublimer les ressources naturelles en facteur d’augmentation de rentabilité : que c’est beau. J’y croirais presque. Vos ingénieurs ont oublié comment transporter leurs trouvailles sans considérer d’autres ressources comme poubelles (je ne vous suggère pas les dégazages pétroliers comme exemple, si ?).

      La main qui me nourrit aussi, tiens, et celle qui me châtie parce qu’elle m’aime bien, vous l’avez oubliée celle-là, ou bien c’est votre argument de réserve ?…

      Alors, je vous relance, pour voir jusqu’où vous pouvez aller…

      • Isa

        Bonjour
        Ben non, on est pas du tout obligés de se soumettre. J’étais rédactrice pour de grands compte mais je n’y crois plus. Alors je suis partie bosser dans l’Economie Sociale et Solidaire.
        Trop de gens croient qu’il ne s’agit que d’une « économie de réparation », alors que les solutions nouvelles pour penser l’entreprise en termes démocratiques – existent déjà et marchent TRES bien à l’application pratique (y compris dans les jeux vidéos). Seulement, ça ne se sait pas assez. Il y a donc besoin de communicants. CQFD.
        Là, au moins, je sais que je bosse pas pour du vent (et surtout pas pour du vent qui pue)
        Voir ici pour commencer, une explication ultra-pédagogique prévue pour les jeunes, mais ils auraient VRAIMENT dû faire une version moins typée pour tout le monde tellement c’est bien expliqué et complet http://youtu.be/yruzZQT7NqE
        Ensuite il y a de gros réseaux partout pour accueillir les bonnes volontés et les porteurs de projets, mais ça dépend de la Région où tu vis.
        Tu peux m’écrire si tu as des questions.

          • Isa

            Oui, c’est un a priori… :-))
            D’ailleurs, a beaucoup de libristes dans le truc, c’est le même esprit…
            Y’a pas de capital dans une entreprise de l’ESS, y’a un partage des bénéfices, y’a le principe 1 homme=1 voix (du balayeur au patron, qui lui est élu ^^) et y’a des réserves qui sont mises de côté pour les mauvais moments (on ne vire personne – du coup ce sont des entreprises qui résistent très bien à la crise – et elles sont plusieurs milliers en France déjà, la reprise en SCOP d’une entreprise en difficulté n’étant pas la majorité)
            L’entreprise de jeux vidéos à laquelle je pensais : http://www.sudouest.fr/2010/08/03/une-entreprise-d-associes-sans-patron-152803-2780.php
            Déjà, quand tu participes à toutes les décisions, en mode consensus avec les autres, tu te sens largement mieux dans ton job… mais y’a pas que la SCOP dans ce mouvement (il y a aussi les Coopératives d’activités et d’emploi, par exemple, pour ceux qui bossent seuls), c’est toujours dur de savoir par où commencer pour comprendre un truc aussi vaste… là, peut-être, puisque c’est le moment et que c’est régionalisé : http://www.lemois-ess.org/spip.php?page=liste&id_rubrique=1
            Je te dis, on a vraiment besoin de communicants, de gens qui sachent faire la synthèse et expliquer à tous cette tendance lourde de réorganisation de l’économie, qui reste pourtant ultra-méconnue…

          • Isa

            Bonjour Fabien
            Tu peux passer sur le blog que je gère pour le compte de mon assoc (je ne l’ai pas signalé ici, c’est de la cuisine régionale ^^) et tu auras toutes mes coordonnées dans la page contact
            http://www.biarness.org
            On fait aussi « centre de ressources » et on peut orienter les gens, dans notre région c’est pas encore aussi pointu que dans le Nord, il y a de gros besoins de simple information. A bientôt !
            Isa

        • Quincampoix

          salariée dans le social, confrontée à l’économique, me voici prestataire de service auprès d’un client!
          j’aspire à définir et à aider les personnes selon d’autres grilles de lecture, comment vous contacter?
          merci

    • Loïc

      J’ai comme l’impression que tu confonds les bienfaits du progrès technique avec le capitalisme… Si au début le capitalisme a pu permettre un progrès technique plus rapide, c’est actuellement l’inverse. Quand on voit que les grandes multinationales donnent plus d’argent aux actionnaires qu’ils n’investissent dans la recherche, on voit bien que ce modèle est à bout de souffle. Pour finir de s’en convaincre, il suffit de regarder les guerres de brevets (avec du popcorn !!!) et de copyrights… Tout est fait pour empêcher le progrès technique !!!

      Concernant les ressources naturelles, encore faudrait-il faire les recherches nécessaires pour en trouver de nouvelles ! Ce qui est très loin d’être le cas: quelles pistes pour remplacer le pétrole qui s’épuisera d’ici 50 ans ? Aucune !!!

    • Christophe Drevet-Droguet

      Le capitalisme ne permet pas, à lui seul, d’expliquer le développement fabuleux de notre espèce ces derniers siècles. Au contraire, j’aurais tendance à penser qu’il nous ralentit. Le développement que nous avons connu est lié, essentiellement, à l’exploitation de nouvelles énergies, en abondance. Le capitalisme, en se nourrissant (comprendre, en parasitant) de ces nouvelles richesses, ralentit notre progrès. Pour faire simple, le capitalisme est concomitant des dernières avancées technologiques, mais ne les a pas permis.

      C’est drôle, quand on réussit à s’en sortir à peu près, et temporairement, pour la plupart, on ne devrait plus avoir le droit de critiquer le système. Mais ce n’est pas le système qui nous permet de nous en sortir, c’est à cause de lui que nous devons, coûte que coûte, nous en sortir.

      Vous êtes-vous déjà demandé de quoi on devrait se sortir ? De la merde… dans laquelle nous serions tous (presque) au départ, et dans laquelle nous laissons ceux qui n’y arrivent pas, à s’en sortir ? Je pense qu’on peut vouloir mieux que cela, même si on s’en est sorti soi-même. C’est d’autant plus nécessaire, que ceux-là s’en occupent, que quand on a le nez dans la merde, on a du mal à voir plus loin que sa propre survie.

      Tout dépend de l’objectif que nous nous fixons : améliorer sa propre condition, ou travailler à rendre le monde un peu meilleur.

    • Noloqoq

      Bah même après l’avoir fait ressortir c’est resté une saleté, et en plus on l’a transformé pour qu’elle soit plus efficace, mais encore plus sale.

      Si vous ne le pensez pas, je vous invite à en boire un verre :).
      Ou bien mieux, en prendre un bain, puis vous rouler dans les plumes.

      Il serait sans doute mieux d’arrêter les véhicules individuels à moteur. 4 roues, 4 fois la largeur du cul, 5 fois la longueur de la personne qui est dedans et au minimum 10 fois son poids, c’est vraiment un outil très égoïste et fatalement destructeur. Parfois elle est utilisé un peu plus intelligemment, à plusieurs, mais c’est en moyenne assez rare, voir mieux, en collectivité, mais les société qui nous revendent l’eau ajoutée de javel, sont la pour que les transports collectifs routiers soient désagréables pas synchro avec les trains etc…, mais restent rentables pour eux (payés par les conseils régionaux donc vos impôts).

    • Heureusement que le capitalisme est arrivé pour sauver l’humanité !!!

      Comment l’humanité aurait-elle survécu pendant des centaines de milliers d’années sans le capitalisme !?

      Vous affirmez que la connaissance scientifique est le fruit du capitalisme. N’a-t-on rien compris à rien avant le capitalisme ?
      Certaines civilisations avaient pourtant développer bien des connaissances (par exemple les Maya), alors même qu’ils n’étaient pas capitalistes.
      L’espérance de vie ne cesse de diminuer à cause notamment de l’obésité dans tous les pays riches. Cherchez l’erreur.
      —–

      « Vous vous lèveriez le matin pour labourer des champs et planter des patates pendant 10 heures de temps pour qu’à la fin on vous donne une patate pour vous nourrir vous et votre famille ?  »

      Euh, vous êtes bête ou vous êtes stupide ? ça sous-entend que qqun, un capitaliste, vous vole les neuf dixième de votre travail…

      Et oui, on peut être dans une recherche de rentabilité, mais pas à n’importe quel prix, et la moralité peut passer avant la rentabilité.
      C’est clairement plus rentable de faire travailler 15h/jour des enfants bangladeshi pour 3€/mois. Mais est-ce moral ? Est-ce souhaitable ? Est-ce ce monde dans lequel nous voulons passer notre vie ? Dans quel but ? avoir une grosse voiture ? … Waw, quelle ambition !

      Je n’ai personnellement pas décidé de naître là où je suis née. Je n’ai pas décidé d’hériter du système dans lequel je suis. Je vis dans cette société (qui me nourrit comme vous le dites si bien, mais qui m’empoisonne et m’emprisonne également). Je décide de l’analyser et de le critiquer, d’y voir le bon comme le pire, et je décide humblement mais avec toute mon énergie de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour le faire évoluer vers un mieux, selon ma propre analyse (qui s’affine et se transforme perpétuellement au gré de mes connaissances et analyses).
      Vous qualifiez ça comme de l’ingratitude, c’est votre opinion. Moi je vois ça comme ma responsabilité individuelle.

    • Un lecteur

      Alors, voyons…
      – Invocation de la science comme d’une forme de magir omnipotente qui résoudra forcément les problèmes actuels
      – Menace de retour à la bougie (non, à la patate) en déformant les propos de JC
      – Confusion élémentaire entre une corrélation et un lien de causalité
      – Croyance en un système économique révéré comme absolu (un beau conservatisme qui s’ignore…)

      … on a affaire un produit de nos écoles de commerces ou de la fac d’éco?

    • Cinorian

      Je réagis tard, j’ai rédigé avant de lire complètement les commentaires, tellement j’ai bondis, du coup c’est moins pertinent, mais je post quand même… na 🙂
      Je trouve que la fin de ton commentaire dénote assez bien le niveau d’aliénation (ce n’est pas une insulte, je te renvoi à la définition de wikipédia) que tu as atteint.
      « C’est bien peu de respect pour la main qui vous nourrit. »
      Wahoo tu te crois à ce point dépendant du capitalisme pour croire que sans lui tu ne pourrais pas te nourrir (vivre) ?
      Et même si cela était vrai. Les esclaves qui dépendaient d’un maître pour se nourrir auraient-ils du fermer leur gueule sous prétexte qu’ils étaient nourris ? Et ne pas essayer d’imaginer un meilleur avenir ?
      Je n’ai pas choisi le capitalisme, on pourrait dire que j’en suis esclave. Je le crois pas réellement, et je pense même qu’aujourd’hui c’est le système que je préfère, faute de candidats viables. Mais je suis certain que ce n’est pas le système ultime. Il n’existe rien de constant, si ce n’est le changement, l’histoire nous le prouve. La société évolue, son organisation doit en faire de même.
      C’est le propre de l’homme d’inventer et de réinventer. Les réflexions que j’ai lu ici, et que tu critiques, tentent justement de trouver les pistes de l’évolution nécessaire à l’organisation de la société. Et ce n’est pas simple car beaucoup s’y opposent, comme toi.
      Pourquoi s’y opposer, l’évolution est nécessaire, à tel point que tout les êtres vivants ont évolués. Ils ont évolués non pas plaisir mais pour survivre. Les humains ont régulièrement changé d’organisation sociale pour survivre également.

      Malheureusement tu ne penses même pas à évolué parce que tu te bases sur des faits inexact. Tu dis que c’est le capitalisme qui nous a apporté tout ce qu’on doit à notre société moderne (espérance de vie…) C’est tout simplement FAUX, c’est la science. Et la science personne ne la remet en cause. (pour son usage c’est autre chose)

      La science à pu se développer non pas grâce au capitalisme mais grâce à la fin de l’obscurantisme religieux, à l’éducation, et a un changement d’organisation sociale, la démocratie. Certes le capitalisme quand il est arrivé a été un excellent « engrais » pour la science. Mais les deux guerres mondiales ont permis de faire des bonds extraordinaires à la science également. Alors une nouvelle guerre pour faire bondir la science et améliorer ton confort ?

      Oui je mérite tes reproches pour cette phrase provocatrice, mais économiquement tu sais comme moi que c’est très rentable une guerre, et donc profitable au capital. Le capitalisme est-il la panacée ou était ce plutôt une étape ? Personnellement, j’en suis même arrivé à me dire que faire évoluer l’organisation sociale actuelle, dont le capitalisme, est une question de survie pour notre société.

      Vouloir remettre en cause ne veux pas dire que l’on souhaite tout mettre à la poubelle.
      Refuser aux autres le droit de réfléchir c’est au mieux du conservatisme au pire du dictât.
      Alors s’il te plait, laisses nous trouver nos idées choisir nos candidats, et ont se retrouve dans les urnes. Si le capitalisme n’étouffe la démocratie avant 🙂 Je provoque, je provoque…

      • Christophe Drevet-Droguet

        Cinorian, Merci pour ton commentaire pertinent !

        Je n’ai qu’une chose à ajouter : le concept de démocratie, a mon sens, n’a rien à voir avec ce qu’on connait actuellement (ou si peu). Et c’est d’ailleurs une cause déterminante des grandes injustices de notre temps.

        Je te laisse aller voir les sites suivants :
        http://le-message.org
        http://lavraiedemocratie.fr

        Et te renvoie aux vidéos suivantes :
        Cornelius Castoriadis, une leçon de démocratie : http://www.youtube.com/watch?v=CJCq6Vy_YRM

        Entretien Colibris avec Étienne Chouard : http://www.youtube.com/watch?v=3gUZ5cwqzZk

      • Dominique

        C’est de Villepin qui avait voulu proposer un « Revenu-Citoyen » (de 850€/mois). comme mesure-phare de son programme dit « République Solidaire » pour se présenter aux élections présidentielles françaises de 2012 (avant de renoncer)
        Il annonce maintenant qu’il se rallierait volontiers même à Sarkozy en 2017, si pour proposer un vrai Changement :

        voilà copie du mail que je lui fais :
        From: PeriScop(] Sent: Monday, November 25, 2013 2:16 PM To: ‘Republique Solidaire’ Importance: High Subject: Pour après les élections européennes de Juin 2014 qui auront amené au Parlement Européen, une majorité de députés anti–Européens ou au minimum « euro-sceptiques », = un vote européen « POPULISTE » lol , Voudriez vous suggérer à Dominique de Villepin vers Sarkozy de programmer un « revenu Citoyen-Européen » financé par une création monétaire en Euro = « dépassement du Capitalisme » apporté au Monde/et Europe par la France

  9. Il y a certainement une vie à réinventer. Les périodes de non emploi devraient considérées comme des périodes d’interrogation, des moments d’ouverture sur soi et le monde, des moments ou l’on se forme à « tout », où l’on apprend, des périodes où l’on se demande : que puis-je ajouter au monde pour le rendre meilleur, plus agréable, plus facile ou moins difficile à vivre. Merci jcfrog.

  10. e-Jim

    Un gros +1
    Après, ce qui est difficile, c’est de changer les structures alors que ceux qui ont le pouvoir dans ce type de structure n’ont aucun intérêt au changement.

    PS: Je t’ai flattré pour l’occasion. Y’a une raison pour laquelle tu n’as plus de bouton Flattr depuis ton passage à l’auto-hébergement?

  11. est ce que je peux aussi ajouter à cette reflexion, celle qui me vient depuis quelques (nombreuses) années: pour moi, c’est le travail que l’on a porté sur un piédestal comme valeur humaine, qui fait que l’emploi est la voie sacrée. « travailler plus » qu’ils disaient. « le travail c’est l’accomplissement de l’homme » « le travail est une valeur morale ». ben non, je regrette, pour moi le travail n’est qu’un moyen de bouffer, point barre. Cromagnon n’aspiraitqu’à une chose: donner à bouffer à lui même et sa tribu, et son travail, c’était la chasse, la culture. alors, maintenant qu’il n’y a plus de travail pour tous (alors que ça serait si facile), on parle d’emploi. on sait depuis la fin des 30 glorieuses que si on se contentait de fabriquer intelligemment, avec seulement le nécessaire, pour la même production, nous ne travaillerions que 4 h par jour, alors qu’on a voulu produire plus, et pire. sans parler des jobs inutiles, qui ne font que justifier leur inutilité. on ne peut s’en sortir que par un partage équitable et une volonté de placer les bénéfices au deuxième plan. le travail, et donc l’emploi ne doit être qu’un moyen de (sur)vivre, pas de flamber.

  12. Le gros probleme de ce monde
    – 2 personnes ayant la même compétence, une peu réussir, l’autre échouer ! Le facteur ? La chance, comme tu le dis !
    – Aujourd’hui le travail n’est pas rémunéré à sa juste valeur, on priviliégie les diplomes aux compétences ! Un diplomé ne veut pas forcement dire compétent !
    – Probléme de répartition, il y’a de trés forte inégalités salariale, des sociétés effectuant un rendement de + de 30% peuvent te donner des miettes !

    Bref le systeme du travail est complément à revoir, hélas ce n’est pas demain la veille qu’il va etre remis en cause, car pour ceux qui on de la chance (il y’a aucun intérêt à le remetre en cause)

  13. Il y a certainement une vie à réinventer, les périodes de non emploi devraient considérées comme des périodes d’interrogation, des moments d’ouverture sur soi et le monde, des moments ou l’on se forme à « tout », où l’on apprend, des périodes où l’on se demande : que puis-je ajouter au monde pour le rendre meilleur, plus agréable, plus facile ou moins difficile à vivre.

  14. alex

    Bonjour, article très intéressant. Mais ce qui l est encore plus, ce sont les interrogations que soulevent cet article et les commentaires associés.

    Je suis diplômé d une ESC (« École Supérieure de Commerce »), je l ai fait pour faire plaisir à mes parents. L année dernière ma mère, cadre dans une entreprise mondialement connue, a fait une tentative de suicide a cause de la pression exercée par le cadre de travail.

    Il y a encore peu je voyais le travail comme une fin en soi. Aujourd’hui je veux travailler pour vivre et non l inverse. Un événement comme celui ci remet les choses en perspective.

    Je travail actuellement pour une entreprise en tant que attaché commercial junior. J ai du pour cela d’emménager et quitter un cadre de vie confortable pour l inconnu. J ai pris ce job par depit. Au bout de 8 mois de chômage a la sortie du diplôme pour bouffer il y a un moment ou on a plus le choix. Je me suis endetté a hauteur de 20000 € pour payer mes etudes, j’ai 27ans et cela fait 6 mois que je suis en poste pour un salaire qui ne couvre pas le travail effectué. L entreprise etant en difficulté il est difficile de travailler dans un climat sain.

    5 années d etudes pour se faire implanter dans le crâne que le travail est la finalité de ces études. Les mots bonheur et épanouissement ne font pas partis du repertoire des énarques.

    J’ai aimé ces etudes sur le plan intellectuel et découverte du monde. Mais la réalité est tout autre.

    Je suis plutot intelligent et debrouillard et particulièrement gentil. Je suis engagé dans des associations et j oeuvre a mon niveau pour rendre un peu le sourire autour de moi.

    Mais je ne suis pas heureux et j ai l impression de survivre aujourd’hui. Je debute dans la vie a 27ans et je suis déjà démoralisé c’est ça qu on nous réserve?

    Je tiens a preciser que je suis un battant et que je ne fais ici qu un constat pour illustrer vos propos.

    En espérant pouvoir changer le monde je vous souhaite une bonne journée.

    • audrey

      haha, article très pertinent et beaucoup de réaction aussi. Si tu remplaces ESC par ESG (école supérieure de gestion), la tentative de suicide de ta maman par le diagnostic d’une maladie auto immune chez moi et on a EXACTEMENT le même profil. (même emprunt en plus!) Par contre, cloitrée chez moi pendant presque 1 ans pour raisons médicales et incapable de rejoindre le type d’emploi auquel je me préparais, j’ai eu la chance de pouvoir prendre du recul et réinventer ma vie sans être jugée par ma famille (on ne juge pas une malade :). Grâce à leur pacience et à leur aide j’ai réussi à trouver une voie un peu différente, avec le même bagage universitaire. J’ai démménagé en province déjà, et j’ai cherché du travail dans le social et dans le public. Pour mettre mes compétences en éco et entreprise au service des associations ou des entrepreuneurs en difficulté. Aujourd’hui je travaille dans la fonction publique territoriale. Pas de rendement demandé, juste de l’écoute, de l’aide aux entreprises, un peu de promotion aussi (quand même faut pas pousser non plus! :),. et surtout, la musique, qui rempli mon temps libre. Je ne dirais pas que je suis complètement heureuse, mais je me sens beaucoup mieux qu’il y a 2 ans lorsque je terminais mon ‘MBA’, angoissée à l’idée de devoir me battre toute ma vie pour vendre je ne sais quelle merde à des gens qui n’en veulent pas. De bosser 50h payées 35 parce que je suis « une jeune cadre dynamique et que j’aime ça »… De faire des enfants « parce que je vieilli’, d’être mise au placard pour ça et de m’en vouloir toujours de ne pas être capable de faire plus, mieux, plus haut, plus vite… Je me suis sentie comme une gerbille qui cours dans sa roue, tellement occupée à bouger ses pates qu’elle ne se rend pas compte qu’elle ne va nulle part… Tout le monde devrait pouvoir prendre un peu de temps pour réfléchir au bonheur, les philosophes se penchent sur cette notion depuis des siècles et pourtant on n’a jamais été autant à côté de la plaque… Cette angoisse qui s’empare de nous dès la vaigntaine ne me parait pas une si mauvaise chose. Nous sommes plus lucides, plus cyniques aussi que nos parents, peut-être un peu trop intelligents pour croire tous les discours de communication et de propagande que nous servent médias-politiques-penseurs. On est fatigués avant même de rentrer dans la vie, ce qui va nous forcer à nous réinventer, à trouver d’autres voies, à chercher à tout prix à nous éloigner du modèle actuel. Comme nécéssité fait loi, je ne doute pas que c’est par ce dégout du présent que nous construirons un futur différent!

  15. wut

    Ton article m’a beaucoup touché.

    Malheureusement je ne suis pas ingénieur et on me l’a fait comprendre assez vite, introverti, complètement largué dans tout ce qui est norme, je me suis retrouvé à faire des boulots certes liés à l’informatique (j’ai quand même un BTS que j’ai réussi avec succès) mais où en gros c’est limite si on me laissait toucher à un clavier… (à part quand j’étais en stage mais techniquement c’est pratiquement moi qui payait pour travailler)

    A la fin j’en suis même arrivé à faire un contrat aidée dans un atelier de montage de PC où on recyclait des vieilles bécanes. J’aimais bien l’idée même si c’était pas valorisant au moins c’était utile, et là j’ai constater l’horreur, on était payé à ne rien faire… il n’y avait pas assez d’ordi à dépolluer (noter l’absurdité).

    Je sais pas si vous imaginez ce que ça fait tout les jours d’aller travailler, et de devoir faire semblant de travailler, je parle pas de glander sur internet, non mais d’attendre sur Windows update avec l’interdiction formel de faire quoique ce soit d’autre. J’espérais qu’une seul chose c’est de pouvoir me bousiller les doigts à massacrer des alims à l’aide de pince coupantes à la chaine pour changer un peu d’air.

    Le soir quand je rentrais chez moi, je codais, je me formais comme je l’ai toujours fait malheureusement on peut être bon sans diplôme d’ingénieur, sans expérience on est de la merde en barre , c’est encore pire lorsqu’on est du genre à donner toujours une mauvaise impression au gens.

    A la fin j’en est eu marre, j’ai déconnecté de la réalité, j’ai plus répondu à personne, je suis plus aller bosser, je passais mes journées tout seul en février dehors, je commençais à me demander si je serais pas mieux , seul dans la rue avec une guitare.

    Puis je suis revenu à la raison (vite fait hein), je me suis mis à bosser sur des projets libres à gauche à droite, à documenter des choses par ci par là. c’était agréable d’être remercié certes sporadiquement pour quelque chose qu’on a fait , d’être reconnu par des gens qui devait avoir des diplômes chouettes et des expériences tiptop.

    Bon ça m’a pris du temps tout ça , j’ai essayé de faire du développement web à mon compte mais c’est pas génial, quand on est pas commercial dans l’âme c’est mort et en plus j’ai la fibre Steve job quand il s’agit de mes projets, tout doit être parfait et c’est pas très compatible avec ça.

    J’ai divagué comme ça pendant 1 an, je sors plus vraiment de chez moi, certes je bosse tout les jours mais aux yeux des gens, je suis un nolife qui glande devant son PC et qui sert à rien, mes proches commencent à m’expliquer que je devrais faire de la manutention « parcequ’il y a des ordinateurs c’est un peu pareil non? ».

    Puis un jour je suis contacté par une maison d’édition (étrangère) qui a trouvé mes tutos intéressant, certes je serais pas payé avant d’avoir fini la moitié des brouillons mais j’ai carte blanche, le code sera libre et c’est bien payé (du moins si le livre marche)

    Voilà où j’en suis, ce livre est tout pour moi, j’y bosse à fond et son contenu je l’espère va apporter beaucoup à la communauté (je reste vague sur le sujet désolé, comprenez bien que j’ai pas particulièrement envie que l’on me reconnaisse).

    Tout au long de mon parcours je suis tombé sur des gens comme moi, pleins de talents, passionné mais à qui on ne laissaient pas leur chance, j’aime à penser qu’on me donne ici une chance de prouver que non on n’est pas inutile à la France , et qu’on peut même ramener de l’argent si on nous en laisse la possibilité.

    Malheureusement dans la tête de pole emploi, on est catalogué : « Trouver comment faire pour qu’il se rendent compte qu’il ferait mieux de faire un boulot à la con sans le vexer. »

    Aujourd’hui je vis avec mes 400€ en bossant parfois 40/60 heures par semaine et je fais ce qu’il me plait, j’en profite même pour donner des tutos / du code quand j’ai un peu de temps ou par pure effet de bord dût à la création du livre.

    Ce dont j’ai le plus besoin c’est de notoriété afin que ce que je donne gratuitement soit plus connu, et j’espère que ce livre me permettrait d’être reconnu dans mon domaine afin d’être un peu moins un poids pour la société et ma famille, ce qui me torture horriblement.

    … j’ai jamais eu que ça des espoirs et de la passion.

  16. > Et on fait quoi des gens « non qualifiés », tout le monde à la poubelle?

    Si on admet que le progrès entraîne une course à la qualification et que tout le monde ne peut pas être qualifié, c’est la bonne question. A priori, au début oui, enfin au chômage en tout cas. Mais à un moment on va se retrouver avec *beaucoup* de chômeurs… Une majorité même.

    Si on est encore en République, ces chômeurs, pour un peu qu’ils votent, ne seront plus négligeables. Et on aura le revenu de base, voire des choses plus radicales. Un certain Marx avait déjà prévu et théorisé tout ça depuis un bon bout de temps.

    Le progrès technique, l’automatisation, est condition nécessaire et suffisante du progrès social… après un période de chaos. Essayer de sauver les emplois « inutiles » maintenant part d’une bonne volonté mais retarde le processus et laisse le temps à ceux qui voudraient bien une autre issue de s’organiser et d’endormir encore plus le peuple.

    Dans ce contexte, les vrais problèmes sont : qui possède le sol et les matières premières. Et la propriété intellectuelle, mais celle-là je n’ai pas de doute sur le fait qu’elle tombera.

    Bref, http://www.marshallbrain.com/ 🙂

  17. Raphaël

    Je crois qu’on peut faire une analyse simple de la politique (au sens large) en classant les activités et les personnes dans deux catégories : les constructeurs et les destructeurs.

    Dans les destructeurs, tu trouves aussi les conservateurs, c’est le pire car non seulement ils ne permettent pas le changement mais en plus ils dépensent de l’énergie pour maintenir le statu quo. Pour les destructeurs, tu peux espérer qu’un jour ils finissent par devoir reconstruire…

  18. Je n’ai malheureusement pas le temps de répondre/argumenter sur tous les commentaires qui sont pourtant fort intéressant.

    Mais je tenais à creuser cette idée (à la quelle je pense de plus en plus) que le travail disparaît – et va disparaître de plus en plus – dans certains domaines.

    Quelques exemple : les assistantes.

    Perso bien que « cadre » (au chômage malheureusement actuellement) je n’ai jamais eu d’assistante attitré et même quant j’en avais une dans mon service je ne faisais que rarement appel à ses services pour la raison suivante : je n’avais aucune tâche à lui confier.
    Fini la génération « à la papa » ou le cadre dictait ses notes pour qu’elles soient dactylographiées, idem je sais tout seul composer un numéro de téléphone…

    Les livres/disques : avec la dématérialisation on passe à une relation presque directe (il reste encore iTunes/Amazon et autre mais eux aussi vont sombrer avec des système non centralisé) entre producteur et consommateur.
    Plus de disquaire, libraire (pourtant j’aime les librairies), plus de plateforme logistique, de poste, d’UPS…
    Certes il faut quelques développeurs (ça tombe bien c’est mon job ^^) pour coder tout cas mais cela détruit des milliers (millions ?) d’emplois.
    Même le marketing est voué à mourir (un peu de sa faute au vue de sa nullité à ne pas vouloir évoluer et prendre les clients pour des personnes douées de sens critique) au profit du bouche à oreille internet.

    Et le monde de la production ?
    Avec les imprimantes 3D nous pourrons bientôt imprimer nos assiettes, verres, chaises, tables… bref tout objet non électronique (il y a même de vélo imprimables)
    Le procédé est encore un peu avant-gardiste pour monsieur tout le monde mais reparlons en dans 5 ans.

    Alors pourquoi encore darder Ikea, les vendeur de meuble, vaisselle… si l’on peut imprimer soi même, pour un coût raisonnable, ses objets.

    Etapes 2 : les nano technologies (la c’est plus du domaine de la prospective mais ça arrivera) ou l’on pourra faire s’auto-assembler des molécules de carbone pour construire des objets la volée.
    Besoin d’une grande table pour diner le soir : génération de la table puis dé-structuration de la table pour en refaire de la matière première.

    On voit bien que le travaille dans de nombreux domaine disparaît, il me semble donc indispensable de découpler richesse et travail.

  19. Laurent

    Je pense que tous ceux qui se sentiraient plus utiles au chomage, c’est parce qu’ils n’ont pas connu le chomage. Est ce votre cas?
    J’etais developpeur Java Oracle, 15 ans de carriere dans divers société, aujourd’hui agé de 42 ans, viré de mon dernier job en 2011, donc au chomage depuis 22 mois.
    Si vous avez une recette pour se rendre utile pendant son temps de chomage, a part devoir travailler gratuitement , je prends, car j’ai pas trouvé. Sinon je suis completement d’accord avec ce que vous dites au sujet de votre emploi, et celui de beaucoup de gens.

    • jcfrog

      l’idée n’est pas d’être au chômage pour y rester désœuvré, l’idée est de se libérer de l’angoisse de devoir remplir son assiette pour pouvoir choisir un travail plus bénéfique à chacun, que ce soit pour l’individu ou pour la société. Etre moins esclave de l’offre qui sera toujours être plus faible, et donc d’un marché de l’emploi toujours plus oppressant et aliénant.
      Je n’ai pas connu le chômage, mais je le crains comme beaucoup depuis 20 ans.

      • « ’idée est de se libérer de l’angoisse de devoir remplir son assiette pour pouvoir choisir un travail plus bénéfique à chacun »

        Perso c’est exactement ça mon cas.

        Du « travail profitable » j’ai de quoi en remplir les 5 prochaines années de ma vie 🙂
        Mais la c’est C.V., formation d’anglais (sympa) et surtout du stress de pas savoir ou je vais qui fait que je ne peux m’engager dans toutes ces tâches si intéressantes pourtant.

      • Bertrand

         » l’idée est de se libérer de l’angoisse de devoir remplir son assiette pour pouvoir choisir un travail plus bénéfique à chacun, que ce soit pour l’individu ou pour la société »

        c’est tout a fait ça!
        et c’est dommage que ce soit devenu une idée utopique!
        en tant que cuisinier j’aime bien qu’on parle de remplir son assiette!
        60% des français vivent à la limite du seuil de pauvreté et dans les campagnes, le reste vie à Babylone (la ville ou évolution de la folie du genre humain!) et seuls certains cadres, cadres-sup y trouvent leur compte au sein de cette société.
        Que faire?
        Grace a ce genre de blogs (internet), nous avons le pouvoir de partager nos opinions qui finalement prouve une fois de plus que l’on est des pions au sein d un système qui privilégie toujours cette poignée de personnes.
        Mais en revanche nous commençons a entre-apercevoir quelques solutions, qui demanderons beaucoup de temps a se développer.
        Pour ma part mon idée serait de revaloriser en France le monde rurale (secteur primaire) nous avons eu un patrimoine culturel très important dans ce domaine,aujourd’hui tout le monde est à bout de souffle (suicide des paysans) j’estime qu’il serait vitale que notre pays puisse s’auto-approvisionner dans le domaine alimentaire (et bio!), je sais que c’est un travail difficile, mais c’est surtout parce que une minorité l’exerce et ne peut faire face a cette compétitivité mondialiste,
        mais si nous y arrivions on pourrait vivre dans notre fabuleux terroir et alimenter sainement tous ces babyloniens qui refusent de capituler avec le système, mais avec qui on pourrait vivre avec dans une certaine cohésion,
        quelques premiers pas on été établie grâce a ce genre de réseau: http://www.reseau-amap.org/amap.ph
        Je pense que l’on peut vivre heureux (manger sainement, un logement décent) sans trop d’argent, mais aussi sans obsolescence programmée.
        Il faudrait également décentraliser ce pays pour permettre au gens de se rapprocher du monde rurale (qui rime avec social)
        et n’oublions pas que les 3/4 des habitants de cette planète vivent du monde rurale, en ce qui nous concerne cela voudrait dire, faire un pas de 50 ans en arrière!

        Merci jcfrog pour ce blog!
        « il faut être fou pour laisser le pouvoir a ceux qui le veulent »
        Ça c’est bien dit!

        Bertrand.

    • A part travailler gratuitement ? Dommage, ce serait un bon moyen de choisir quelque chose de vraiment utile. Je ne me suis jamais autant senti utile que quand j’ai travaillé gratuitement. Ce n’est pas forcément interdit d’ailleurs, même quand on est au chômage, et je ne vois pas où est le problème. J’ai reçu aussi. gratuitement.

  20. L’extrait vidéo tiré de l’émission Ce soir ou jamais est très éloquent aussi : avec la course à la technologie comme point de fuite qui permettrait de résoudre tous les problèmes du monde ET de s’épanouir pleinement en tant qu’être humain, on veut nous faire croire aujourd’hui que le travail disparait.

    Bien entendu, il ne disparaît pas, il change seulement de région du monde, qui accepte d’être polluée par les industries lourdes et souillée par le consumérisme. Dès qu’un pays a bien morflé, et que ses travailleurs veulent accéder aux même droits que ceux pour qui ils fabriquent, les pauvres investisseurs et chefs d’entreprise sont obligés d’aller, encore, délocaliser ailleurs, chez un moins-disant.

    Mais nous arrivons au bout. Car à force de créer de nouveaux emplois basés sur la technologie que nous ne maîtrisons/construisons plus, nous devenons à notre tour dépendant. Quand les industriels qui fabriquent les composants électroniques et informatiques pour les smartphones et les ordinateurs décideront de faire flamber les prix, qui aura le choix ? Quand un pan tout entier de l’économie sera à la merci des fournisseurs (à l’instar des pays producteurs de pétrole), il sera trop tard pour regretter que plus personne ne grave de processeurs ou ne fasse de la R&D chez nous.

    Il faut maîtriser la chaîne complète, et pas seulement délocaliser pour les tâches salissantes, polluantes et coûteuses en gestion de personnel.

  21. Gimmo

    …je ne voudrais sinon entendre comme il se peut faire que tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurent quelquefois un tyran seul, qui n’a puissance que celle qu’ils lui donnent; qui n’a pouvoir de leur nuire, sinon qu’ils ont pouvoir de l’endurer; qui ne saurait leur faire mal aucun, sinon lorsqu’ils aiment mieux le souffrir que lui contredire…DISCOURS DE LA SERVITUDE VOLONTAIRE (Etienne de la Boétie 1530-1563)

  22. Gimmo

    La quasi totalité des messages supra peuvent recevoir une même réponse : le revenu inconditionnel de base. En quoi cela consiste? Si on globalise l’ensemble des allocations versées en France, on peut financer un revenu mensuel à chaque français d’environ 750,00 € (voir les travaux de l’économiste Jacques MARSEILLE). D’autres études montrent qu’en remaniant la fiscalité, ce chiffre pourrait monter jusqu’à 1.000,00 € . Aucune contrepartie, aucune obligation ne sont réclamées à ceux qui reçoivent le revenu de base.
    Quelques conséquences :
    – la liberté à chacun de s’en contenter, de s’épanouir dans une activité souhaitée ou de bosser pour gagner plus (y compris temporairement)
    – recomposition du marché du travail où les employeurs ne sont plus les dominants
    – l’épargne n’est plus nécessaire puisque un revenu est assuré à vie
    On augmente ainsi la marge de liberté de chacun, on diminue l’inquiétude (matérielle) du lendemain, nous disposons d’un vrai choix de mode de vie.
    Il est donc faux de dire « qu’on a tout essayé contre le chômage », cette piste n’a pas été explorée. Elle se heurte cependant à deux obstacles majeurs:
    1- La morale (« tu gagneras ton pain à la sueur de ton front ») encore bien présente dans les têtes
    2- L’extrême complexité des systèmes organisationnels des administrations publiques qui leur donne le pouvoir absolu des sachants. Revenir à une organisation simple, mettrait en cause leur légitimité, voire leur identité. Elles ne lâcheront pas sans combattre.
    Le sujet est vraiment innovant. Allez voir le site revenudebase.info qui vous en dira plus…

  23. Thierry

    Toute la différence entre travail et emploi.

    Je pense qu il serait temps que la classe politique prenne concience de la décroissance et surtout établisse une vrai définition entre emploi , revenu, travail. je suis pas sur que ce soit clair pour tous.

    Je suis en RP reculée, les initiatives se font en parallèle des systèmes institutionnel, il n’y a rien à attendre de l’état , les gens l’obnt bien compris, mais il y en a et pas des moindres.

  24. Viv

    Très bel article..
    Je me suis toujours demandé que ferait on si un jour, quelqu’un trouvait un système permettant d’obtenir une énergie propre, surpuissante, inépuisable, et ne nécessitant que très peu de main oeuvre.
    Sacrifierait on, l’industrie du pétrole et ses millions d’emplois?
    En y réfléchissant, notre but n’est il finalement pas de trouver des technologies nous permettant de devoir travailler le moins possible et profiter le plus possible de la beauté de la vie…..?

  25. Guillemette

    Merci pour cet article!

    Le revers de la médaille du  » bien vivre: c’est avoir une bonne situation » c’est qu’on stigmatise avec le mot « chômeur » les personnes qui ne trouvent pas et ne trouveront parfois jamais d’emploi dans une société où l’on sait pertinemment qu’il n’y a pas de travail (rentable et donc rémunéré) pour toute la population active.

    Alors que des activités utiles pour cette même société et pour ces personnes, si!

  26. Un grand merci.
    Ça fait tellement de bien de partager ce que l’on pense être seul(e) à observer, ce contre quoi on bute au quotidien, d’autant plus quand on cherche à mettre du sens dans sa vie, et qui contredit tous les messages dont on nous enjoint sans cesse.

    Le demandeur d’emploi a des devoirs, notamment celui de rechercher « activement », parfois sous la tutelle d’un suivi (harcèlement) soutenu et renforcé (le vocabulaire a son importance) pour trouver un travail qui n’existe plus, sous peine de se voir retirer la maigre pitance auquel pourtant il a *droit* selon la loi. C’est de la pure schizophrénie.

    Je suis de l’autre côté on va dire, peu qualifiée, née en 71 et qui a toujours entendu parler du chômage, mais qui l’a aussi vécu en continu depuis mon entrée dans la vie active. Dès l’âge de 35 ans, je me suis sentie vieille dans les regards des interlocuteurs que croise dans ses démarches un chômeur.

    J’avais fait un bilan de ma vie professionnelle (sur mon blog titré « Un mot de ma génération ») qui cumule 5 ans et demi de contrats à temps partiel entrecoupés par un total de 15 ans de chômage. C’est dire comme je m’inquiète pour ma retraite…

    Pourtant, je n’ai jamais cessé de travailler (je suis photographe), de me perfectionner, de diffuser mes travaux, de me diversifier (j’ai décroché un CAP de menuisier à 33 ans) mais aussi d’écrire, de fabriquer, d’expérimenter, de voyager, sans que cela ne me rapporte jamais aucun revenu. Jamais.

  27. HH

    J’aime beaucoup le titre.

    En travaillant à l’automatisation à la Poste (mais ça aurait pu être ailleurs) en ne voyant pas les conséquences que cela aurait sur l’emploi, n’as-tu pas pêché par naïveté ?
    On a eu l’occasion depuis le temps de se rendre compte que l’automatisation produisait plus une aliénation de l’homme à la machine, qu’une libération, et que pour les autres c’était le chômage.

    Tu as réussi à te sortir de ce truc, c’est bien. Mais ton projet alternatif n’a-t-il pas bénéficié des revenus que tu as pu avoir dans ta première vie ?

    Moi je bénévole un peu dans l’environnement, je vois pas mal de gens employés dans les assos et qui ont occupé précédemment des postes dans des groupes souvent bien pourris. Ben oui, malheureusement c’est souvent ces groupes qui proposent le plus d’emplois, et chez les gros pollueurs il y a souvent une (toute) petite section environnement.
    Bon, les mecs ont fait leur examen de conscience, ou ils ont sauté sur une opportunité, et sont revenus du côté lumineux de la force.
    Moi qui pour x raisons ait toujours été en décalage avec « le système » et n’ai jamais pu me fondre dedans, ben je peux témoigner que c’est la merde. Parce qu’en plus, en face des gens venus du « vrai monde du travail », avec « l’expérience » qui va avec, je n’ai rien d’autre que mes convictions à faire valoir. Autant dire que pour trouver un emploi, ça ne pèse pas lourd.

    C’est bien de se rendre compte que le système débloque et d’en sortir, et les gens capables de le faire sont peu nombreux. Mais alors quand on a cette pensée chevillée au corps depuis aussi longtemps qu’on s’en souvienne, avec tout ce que ça implique comme conséquences en terme d’impossibilité, d’incapacité, à se fondre dedans, c’est très compliqué.

    Et dans ces cas là le revenu de base serait vraiment une libération. Mais en tant que vraie bonne idée, j’ai le sentiment qu’elle n’est pas prête d’être appliquée. (Non dans un premier temps on va d’abord continuer à épandre du lisier partout dans les champs, d’envoyer des cochons faire trois fois le tour de l’Europe dans des camions avant de finir à 3€ le kg dans les assiettes, le tout sans payer parce que Anne de Bretagne elle s’est mariée en 1500 et quelque, si vous voyez ce que je veux dire).

      • HH

        (Je ne mets pas la question sur le plan de la honte ou pas).
        Pour les machines, tout dépend la finalité.

        Je te cite : « Quand je regarde mes amis ingénieurs, l’immense majorité travaille, comme moi il y a peu, pour des grosses boites et mettent leur « génie » au service d’empires économiques sans avoir la moindre maîtrise de ce qu’ils font et pourquoi ils le font.
        […]
        Etre ingénieur ce pourrait être beau. Innover, inventer pour libérer les hommes du travail abrutissant, ce serait grand, le faire pour pousser massivement les gens au chômage, c’est une honte. « 

    • ytt

      « On a eu l’occasion depuis le temps de se rendre compte que l’automatisation produisait plus une aliénation de l’homme à la machine, qu’une libération, et que pour les autres c’était le chômage. »

      Et faire « à la main » un travail répétitif et pénible qui pourrait être fait par une machine, vous ne trouvez pas ça « aliénant » ?

      Je ne comprends pas bien ce que concrètement (c’est à dire dans la société actuelle, dans laquelle le revenu de base n’existe pas) vous proposez pour le tri postal par exemple : continuer à faire faire à des gens ce boulot pénible, en ignorant que les machines existent, au nom de l’emploi ? Et si la réponse est positive : pourquoi ne pas faire labourer les champs à la faux aussi ?

  28. Pingback: "Je serais tellement plus utile au chômage" (J. Choain) | Olivier Demeulenaere – Regards sur l'économie

  29. Un article qui rappelle ce que beaucoup de gens se complaisent à ignorer. Et un petit peu de Paul Jorion pour parfaire le propos. J’ajouterais une citation de Coluche :

    « De plus en plus de gens cherchent du Travail, c’est pas vrai, de l’argent leur suffirait. »

  30. Ph1signals

    Pessimistes nous sommes…. comme à chaque crise! ça se redresse pourtant à chaque fois.

    A lire grand nombre de commentaires le travail nuit à la santé… Pas assez d’emploi… En même temps la population française vieillit donc ça se régule.

    Vous voulez un modèle économique différent, une autre structure du marché de l’emploi ? … Ne nous voilons pas la face.. Pour qui votons nous ?

    Pour des politiques qui adoptent ce modèle économique? Car beaucoup ‘râlent’ mais la plupart soutiennent des politiques qui adoptent ce modèle économique. (par faute de choix aussi)

    Faut peut être prévoir d’exercer une vraie pression sur les politiques pour les faire changer de cap, sinon aveuglement nous continuerons dans cette lignée.

    Je suis d’avis que l’état peu parfaitement instauré une sorte de ‘limitation’ sur l’automatisation. En effet, interdire par exemple que l’automatisation des métros de Paris se fasse à plus de 20% des lignes exploitées.

    Nous arrivons à un stade ou nous voulons être rapide et être en avance sur tout le monde, nous avons la technologie (pour revenir aux lignes tout automatisées du métro), on les a appliqué.. nous avons qu’a nous limiter ensuite à vendre cette technologie ailleurs. L’état peu par ailleurs taxé (il le fait déjà si bien et comme bon le semble) le e-commerce, ou de détaxé les commercants, pour procurer un juste équilibre entre les deux parties.. Tant de solutions possible et peu d’applications..

    Ils nous donnent à manger ce qu’ils veulent.. et nous le faisons si bien.

    • Loïc

      Effectivement la solution est probablement politique et le système actuel verrouille largement les possibilités. C’est pourquoi de plus en plus de personnes souhaitent changer les institutions (6ème république, tirage au sort, constituante et autres…).

      Sur la limitation de l’automatisation que tu proposes, je ne comprends pas vraiment ton point de vue. Il faudrait redevenir moins efficace afin de conserver l’emploi ? Pour moi c’est exactement l’inverse, automatisons tout ce qui est possible et finançons (revenu de base ou autre) ceux qui ne travaillent plus grâce à l’automatisation. Il me semble absurde de revenir à l’âge de pierre simplement parce qu’il faut que tout le monde travaille…

    • J’ai toujours en tête ce qu’avais proposé un prof de productique mécanique, il avait évoqué l’idée de taxer les robots ! Pouquoir un employeur paierait t’il des charges pour un salarié mais pas pour un robot ?

      Je n’étais certes pas d’accord avec sa theorie « les robots ne tueront pas les emploies », puisque les humains doivent construire des robots.

      En caricaturant, il faut 100 personnes pour construire 1000 robots, mais il faut 100 robots pour détruire 1000 emploies

    • Gimmo

      Nous ne pouvons attendre des réponses pertinentes de l’Etat. Il ne maîtrise plus les leviers économiques, s’étouffe et s’épuise à nous faire croire qu’il est l’organisateur de l’évolution de notre société.
      Le changement c’est la création de multiples micro-sociétés en relation les unes avec les autres, mais autonomes, sans chape étatique qui fige notre liberté. L’état (je préfère en minuscules) n’est plus à l’échelle du développement de l’humanité. Le nouveau terrain de vie, c’est la planète, unitaire, sans frontières, sans nations.
      Je tiens pour cette utopie d’un monde totalement horizontal, constitué d’entités libres liées entre elles de connexions multiples de type neuronal.

      • Christophe Drevet-Droguet

        Nous ne pouvons attendre des réponses pertinentes de l’État… car il se soucie peu de l’intérêt général. Pourquoi ? À cause des conflits d’intérêts majeurs entre les hommes politiques et les industriels, les banques… À cause de la professionnalisation de la politique, qui pousse les élus à vouloir être réélu, promettant beaucoup aux électeurs, mais encore plus à ceux qui les financent…

        D’un autre côté, s’attendre à ce que la société s’organise comme vous le souhaitez, en se passant d’état, me semble peu probable. Les petits se font régulièrement écrasés par les gros. Et plus les gros se sentiront en danger, plus ils seront violents.

        Mais nous reprenions le contrôle de l’État. Au moins le pouvoir d’écrire la constitution… Nous pourrions y intégrer ces grands principes qui nous semblent nécessaires, afin que tous soient obligés de les respecter.

  31. picokoa

    Merci pour ce point de vue !
    Je n’ai pas eu le courage de lire tous les commentaires, donc je n’écarte pas le risque de redondance…
    Je voulais simplement parttager un ou deux points de vue en lien avec ce billet :
    – la machine qui libère l’homme, le Japon a su faire : tout est automatisé, mais il y a des employés pour tout, y compris te remercier d’avoir utilisé le parking… impressionnant, et puis un concept qui nous est comlpètement étranger : le fait qu’il n’y ait pas de sot métier. Personne n’ira se moquer du gars qui passe sa vie à astiquer les main-courantes des escalators, au contraire…. (pas pour dire que ce soit la société rêvée, juste qu’il existe une notion du travail qui peut différer de la notre…)
    – concernant l’obligation de « réussite », la Bretagne est en partie un contre-exemple, avec malgré ses bons résultats au bac un taux d’études supérieures à bac +2 « faible ». J’ai entendu stigmatiser le manque d’ambition des jeunes bretons, dans ma pratique courante j’y vois plutôt pragmatisme et choix de vie : faire une filière qui débouche sur un boulot, pouvoir rester au pays et être heureux sont les ambitions principales, et de mon point de vues, c’est carrément subversif : « tu veux faire quoi dans la vie ? » « être heureux ! »
    – quand à l’intérêt général, je ne peux que plussoyer et espérer que les choses évoluent….

  32. stéphane

    Merci pour ce billet ! Il en faudrait mille, dix mille pour contrebalancer l’idéologie de l’emploi. Beaucoup de ceux qui ont un « emploi » sont des apporteurs de marge sur pattes. En revanche, le travail vraiment utile pour le bien commun est mal payé (ou pas payé du tout) et un grande partie du travail n’a aucun sens et nuit même à la société.
    Votre article me fait penser à l’article « L’invasion des métiers à la con », une fatalité économique ? » sur slate.fr :
    http://www.slate.fr/story/76744/metiers-a-la-con
    Comme vous l’avez justement écrit, ceux et celles qui sont libérés du travail par la perte de leur emploi ne sont pas libres, mais montré du doigt, stigmatisés, culpabilisés, déclarés inutiles, bon pour la poubelle. Leur recherche d’un « emploi » est surveillé par Pôle Emploi. Alors que le site internet de Pôle Emploi affiche (quand il l’affiche) entre 120 et 160 mille emplois dont une grande partie sont des CDD court ou quelques heures par semaines, la France compte plus que 5 millions de chômeurs (chiffre officiel 5,7 millions, mais en rajoutant d’autres catégories, on arrive à des chiffres plus élevés)
    http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/vrais-chiffres-chomage-juin-2013-6-139227.
    On peut se disputer sur les chiffres, toujours est-il qu’il n’y a pas d’emploi pour tout le monde. Du travail utile pour le bien commun il y en a, seulement il n’est pas payé. Dans le même temps, les conditions de travail se dégradent, le travail rend malade et pousse jusqu’au suicide. Il y a de quoi s’ingerroger sur le sens de tout ça.

  33. Oh oui, qu’on est bien plus « utile » au chômage (bien qu’être inutile – comme être artiste, mon métier n’est pas un non-sens!) ; mais ça nous est reproché par l’Onem (ANPE belge) – je fais des dizaines d’heures d’animations pour l’Unicef dans les classes, ou travaille souvent pour rien avec des enfants défavorisés avec handicap mental, physique … ou social – parfois l’ensemble, ça m’apporte bcp de « bien être » – sentiment d’utilité dans la lutte contre la bêtise du monde, les inégalités, et bien ça m’est reproché, jouer un spectacle gratos est considéré comme travail au noir ou limite honteux par cet organisme (Onem). Ai fait 7 années d’études (ai traîner non sans déplaisir en route) pour être metteur en scène, on me demande de postuler comme caissier dans les supermarchés, l’art … bah « faites ça le week-end, en loisir … » Je ne sais pas si je suis toujours utile, mais l’inutilité de tels « recadrages » est effarant. Bref, à ne rien foutre, j’ai toujours à faire … et à combattre.

  34. Merci pour votre article.

    Je suis entièrement d’accord avec votre analyse.
    Toute notre société est basée sur un postulat totalement absurde… comme si le système capitaliste était une loi de la physique à laquelle on ne pouvait rien y faire. Ce sont juste des règles du jeu artificiel auxquelles nous acceptons de croire. Il n’y a rien de fataliste ni de réel à tout cela, ce n’est que de l’arbitraire.
    Vivement un réveil et une réaction de masse.

  35. zizou100

    Merci pour votre article.
    Ca m a fait une impression très étrange? J ai eu l impression de lire en quelques minutes tout ce qui trotte dans ma tête depuis qqs temps, comme si quelqu un était capable de transcrire ce que je pensais mieux que je ne l aurais fait moi même.
    Beaucoup de points communs entre nous. Je suis aussi ingénieur et je développe aussi des programmes qui profitent grassement à a des actionnaires et des grands patrons qui ont vendu la société il ya peu de temps en s en mettant pleins les poches et mettant une grande partie des salariés dans l embarras. Pas moi, je suis passé entre les gouttes et dorénavant je travaille pour d autres actionnaires qui ont réduit les coûts que déjà les précédents avaient pas mal réduit pour faire monter le cours de l action. On délocalise en Asie où l employé coûte 5 fois moins cher et moi je continue de programmer pour automatiser au maximum afin qu on est besoin de moins de main d oeuvre. Enfin bon j ai la chance de travailler à distance et d être très présent pour ma famille et j ai commencé à entamer le chemin de la décroissance en lançant mon potager.
    Je suivrai vos aventures avec curiosité, comme si j avais l impression que vous ouvriez le chemin qui est déjà dans ma tête.
    Félicitations et bonne chance pour la suite!

  36. J’ai dix ans de plus que vous et j’ai connu le basculement des « valeurs ». Entre 66 et 72. Les « intellectuels » ont épousé les idées des aristocrates, des technocrates. Mais c’est un pléonasme. Ce fut l’époque où mon monde s’est écroulé… Mon arrière-grand père avait été un misérable ouvrier dans les mines. Mon père avait fait le Droit et avait défendu la cause ouvrière. Puis il avait mis son cerveau au service de la prévention des accidents dans les mines. Fin des années 60 il connut le chômage en même temps que la fermeture des mines dans la région de Charleroi. Je pense qu’il creva de trouille et fit des pieds et des mains pour entrer au Bureau du Plan… Nos oppositions furent mémorables. J’avais été élevé entouré de « petites gens » et je connaissais les chansons de Brassens par cœur. Et voilà que mon père me parlait de chiffres, de « gagner ». Il prétendait à l’autonomie, à la nécessaire manipulation de l’autre. Il était aussi persuadé qu’il avait les bonnes solutions pour les autres et si ceux-ci ne les acceptaient pas, il s’en détournait sans vergogne, l’âme en paix. Il raillait les idéologies et moquait mon aspiration à vivre « justement ». Aujourd’hui il profite d’une jolie pension après avoir chiffré ses contemporains avec la certitude que le chômage importait peu puisqu’en même temps que son accroissement, on constatait l’augmentation du taux d’occupation… Qu’en pensent les chômeurs ? Peu lui importe. Seul compte son confort et ses certitudes. Dont celle que lui n’est pas un idéologue. Que n’ai je découvert les écrits de Jacques Ellul plus tôt ! J’aurais eu une parole pour faire le poids face aux certitudes de mon père. Pensez donc, en 66 iEllul pointait du doigts tous les lieux communs auxquels ont acquiescé les hommes de la génération de mon père, révérant Fourastier ou Sauvy. Cette génération s’est trompée lourdement et les conséquences sont terribles… Ils ont relégués leurs valeurs au profit de la notion de valeur. Ellul s’inscrit dans la lignée de Flaubert (dictionnaire des idées reçues) et de Léon Bloy. Il est à lire comme le font certains jeunes ( reporter, historiens, sociologues). Certains jeunes voient clair… Nous ne sortirons de ces années honteuses (certains les appellent ravageuses) que par l’invention d’une nouvelle subjectivité, par une nouvelle réflexivité. Nous n’en sortirons qu’en modérant la valeur du travail pour le travail ( et la possibilité de consommer plus) et en redonnant du sens à un mot qui sonne un peu comme un gros mot : la vocation. Il faudrait relire Einstein à ce propos ou Dostoievsky (la beauté sauvera le monde)… Car chacun peut et devra donner de ses talents et de son énergie pour améliorer un peu le monde là où il est. Comme ça, pour rien. Parce qu’il le faut et avant que la génération de mon père n’ait disparu, car tout va très vite et ils peuvent encore vivre longtemps, car ils sont bien protégés, ils se sont bien protégés et ils ont la conscience tranquille. Lire Jacques Ellul qui est un miroir utile et cultiver l’anarchie telle que la concevait Brassens et qui rejoint là Jacques Ellul qui disait que l’anarchie était la pensée la plus proche du message évangélique (il disait aussi que l’Eglise avait été le fossoyeur du christianisme) Pas de solution collective, donc.  » Tu vois, la seule révolution possible est d’essayer de s’améliorer soi-même en espérant que les autres fassent la même demande », disait Brassens. Remarquez qu’il n’a pas dit : »la même chose ». Il y’a du tiers dans sa proposition, de la transcendance et ça vaut le coup de s’y arrêter. Amicalement. Yves

    • Guislain

      Même sentiment. Bon après trois tentatives de réponse. À chaque fois avortées de mon propre chef, ma paresse et ma,mélancolie à déplacer des montagnes en sont assurément la cause, je m’y colle très brièvement. En effet, en parcourant les commentaires (quel bol d’air !), je n’ai cessé de penser à Ellul, à Lefebvre aussi (pas Jean, encore que…), à Debord et La Boetie, bon, la liste est non exhaustive…

      A propos d’Ellul justement, voir et entendre les rares interventions audio-visuelles qu’il a pu donner, dont, celle fameuse, issue d’un entretien produit dans l’excellente collection Un certain regard. Impossible de consulter sur le site de l’INA, à moins de… payer (signe des temps). On peut se rabattre sur Dailymotion ou Youtube, au milieu des océans de séquences plus débiles les unes que les autres, un nombre impressionnant de pépites y surnagent : Deleuze, Foucault, Bourdieu, Henri Guillemin (Archives de la RTS aussi, magistrales !), Derrida, Jankélevitch, etc etc etc

      Ellul en 6 parties

      http://m.youtube.com/playlist?list=PL602E91C9FD966715&desktop_uri=%2Fplaylist%3Flist%3DPL602E91C9FD966715

      Je crains cependant que ces pistes ne persuadent que des convertis, tant la machine infernale de décervelage est immense et désespérément efficace…

      Courage à tous, le combat contre la connerie humaine est un combat sans fin…

      • yves

        Merci pour le lien… Je ne pense pas qu’Ellul ne touche que les « convertis ». Les jeunes le lisent et ceux de ma génération se jettent dessus, car ils auraient aimé trouver une voix pour eux. Brassens disant : « Je cherche dans les livres ce qui me passe par la tête ». Qu’est-ce qui passe par la tête de nombreux de nos contemporains ??? Ne trouveraient-ils pas leurs propres mots chez Ellul (et d’autres, j’en conviens…)
        Petit cadeau : Je ne suis pas très porté sur la loi. Comme dirait Léautaud, moi je pourrais me passer de lois. Mais, finalement je crois que la plupart des gens ne peuvent pas s’en passer et c’est pas demain la veille qu’on pourra se passer de lois. (4)
         
        Je n’ai pas l’impression que les fausses peurs et les tabous aient perdu du terrain. Ils font semblant d’avoir perdu du terrain, mais, en réalité, ils sont toujours là. Il n’en faut pas beaucoup pour retomber, si on n’y est pas déjà, dans le Moyen Âge.
        Les fanatiques de tout poil n’aiment pas tellement que l’on plaisante avec leurs sujets tabous. (16)
         
        Je n’ai pas de solution idéale ni de solution collective surtout. (3)
         
        Les gens n’aiment pas l’esprit d’indépendance. L’individualisme est une chose qui leur porte sur les nerfs. (7)
         
        On se fie trop, dans le monde où nous vivons, à l’opinion de ses voisins, à l’opinion de ses amis, à l’opinion des critiques, à l’opinion générale. (8)
         
        Moi aussi, j’ai l’air de suivre la route traditionnelle mais je n’en pense pas moins. C’est surtout cela, c’est à l’intérieur que ça se tient. (5)
         
        Je ne tiens pas justement à faire en sorte que les autres agissent, agissent et se comportent comme moi. Et cela implique évidemment, quand on a cette notion de liberté de l’individu, que l’on n’est pas tout à fait d’accord avec l’armée, pas tout à fait d’accord avec les lois, pas tout à fait d’accord avec le parlementarisme. Et même quand je dis « pas tout à fait d’accord », j’exagère, c’est pas du tout ! C’est surtout une attitude, une espèce de morale, mais qui ne peut pas s’appliquer au pied de la lettre parce que, bien sûr, on vit dans un système, dans un régime qui a ses lois, ses mœurs, ses habitudes. C’est assez compliqué d’ailleurs à expliquer. (5)
         
        Quant à la liberté, j’entends « liberté » en face des morales qu’on essaie de nous imposer. Voyez, les morales de groupe que l’on essaie de nous imposer… J’ai cette liberté-là. Je crois être assez libre à l’égard de toutes ces morales-là. Mais c’est assez difficile, vous savez, parce qu’on est bombardé continuellement par les autres morales. On est cerné tout le temps par quelque chose. On est obligé tous les jours de refaire cette petite philosophie, de faire le point. (5)
         
        J’essaie quand même de ne pas me laisser séduire par les slogans. Nous vivons à l’époque des slogans. Précisément, chacun nous promet un petit paradis. Enfin… Le seul paradis que je préconise, moi, c’est le paradis de l’individu qui a sa liberté ; qui a sa liberté d’ailleurs même dans la société actuelle et même dans une société pire, finalement. C’est ce qui a fait dire à certains que j’été assez conservateur puisque je ne tenais pas à voir changer la société puisque, moi, je m’en accommodais bien en me fermant à cette société, en me créant une morale. Vous savez ça n’est pas tellement facile d’avoir une morale individualiste et individuelle. C’est difficile d’être tellement finalement. (6)
         
        La tripe nationaliste, je ne crois pas l’avoir. J’aime beaucoup la France parce qu’il m’a semblé que c’était un pays agréable, parce qu’on y parle une langue que je comprends à moitié, parce que le climat me convient, parce que j’ai l’habitude d’y vivre. (7)
         
        Je n’aime pas ma patrie, moi j’aime la France. (25)
         
        L’être humain est quand même au fond, qu’on le veuille ou non, un être foncièrement égoïste. Tout se rapporte à lui. Au fond, nous sommes tous égocentriques. Pas tous… L’homme, en général, est comme cela. (2)
        En lisant Kropotkine, Bakounine et Proudhon, je me suis dit : « Tiens, ça c’est moi ; c’est pour moi ça. » Mais je l’avais sûrement en moi cela. Je ne pense pas que l’on devienne quoi que ce soit. Je pense (c’est une opinion que l’on discute, d’ailleurs, que des tas de gens discutent), je pense que l’on est déterminé, quoi. À dix ans, l’être est définitif. (2)
         
        La philosophie anarchiste, la morale, surtout, anarchiste était celle qui me convenait le mieux et qui continue à me convenir le mieux. (10)
         
        Pour moi, l’anarchie c’est le respect des autres, une certaine attitude morale. (3)
         
        C’est plutôt, chez moi, une morale l’anarchisme, une façon d’être. Quand il s’est agi d’avoir des opinions, il m’a semblé que j’étais plus près de Bakounine, de Kropotkine et de Proudhon que d’autres. Il m’a semblé que c’était ça ; j’étais là-dedans. Il m’a semblé que ça coïncidait avec ce que je croyais penser.
        Les idées sociales de Proudhon et de Kropotkine et de Bakounine convenaient à ma nature et je les ai adoptées. À présent, dire que je les ai suivies au pied de la lettre, c’est une autre histoire. Il s’est trouvé qu’ils étaient antiétatistes, ça me convient assez. Ils n’étaient pas très partisans de l’armée, ça me convenait assez. Ils n’étaient pas partisans de l’exploitation de l’homme, ça me convenait assez. Ils étaient partisans de l’égalité sociale, ça me convenait aussi. Ils étaient partisans aussi d’une certaine indépendance de l’individu en face de la société, ça me convenait tout à fait. Alors, j’ai adopté ces idées parce que je n’en ai pas trouvé de meilleures qui convinssent mieux à mon caractère que celles-ci. (7)
         
        La morale anarchiste est celle qui était la plus proche de ce que je croyais, de ce que je pensais. Un goût de la liberté, un refus de l’autoritarisme, un refus de l’armée (enfin, l’autoritarisme c’est l’armée), un refus de la loi, le besoin pour l’homme de gérer ses affaires lui-même, pour les corps de métier de gérer leurs affaires eux-x-mêmes. C’était ça. Cela me convenait, mais je n’ai poussé ça très avant. Quand je me suis aperçu que idées me convenaient, j’en suis resté là. (II)
         
        Pour moi, être anarchiste c’est un certain respect des autres, une espèce de fraternité, encore que le mot un peu grand, une espèce, je ne sais plus qui disait cela, de volonté de noblesse. (3)
         
        Dans un certain système, il est difficile d’appliquer au pied de la lettre sa morale et sa philosophie. J’ai une espèce de philosophie et surtout de morale anarchistes, un certain comportement en face de certains problèmes.
         
        L’anarchiste, on voit cela de l’extérieur, on s’imagine c’est un type qui dit non à tout. Cela n’est pas vrai tout, au contraire. L’anarchiste dit oui à tout. L’anarchiste est même capable d’aimer des gendarmes dans certains cas, contrairement à ce qu’on peut penser. L’anarchiste prend rarement une décision tout seul. Il prétend qu’on doit penser tout seul mais, quand il a une décision à prendre, il consulte quand même ses amis. C’est ce qui différencie l’anarchiste des autres. C’est parce que lui, qui parle de la liberté absolue, de la liberté totale, chaque fois qu’il a une décision quelconque à prendre, une décision importante (bien sûr, pas pour le petit déjeuner), il consulte les autres. Et c’est ce qui m’avait frappé chez ces gens-là. C’est ce qui m’avait séduit. Il y a quelque chose là-dedans presque paradoxal mais qui m’avait séduit n’est pas paradoxal du tout, du reste, c’est la peur de se tromper, la peur de…, c’est une espèce de scrupule. Je pense que les anarchistes sont les êtres les plus scrupuleux qui soient. (2)
         
        Je pourrais difficilement expliquer ce qu’est un anarchiste. C’est un individu qui essaie de sentir par lui-même, qui essaie de penser par lui-même, dans la mesure où c’est possible parce qu’on ne peut pas faire ce qu’on veut. On vit dans une société avec des tas de choses qui nous bombardent continuellement, c’est assez difficile. Mais enfin, dans une certaine mesure, je crois que je suis une espèce de libertaire : une espèce d’attitude dans la vie assez proche de l’idéal anarchiste et libertaire. (9)
         
        Un anarchiste ne se mêle pas de politique. (3)
         
        Je suis un pacifiste. Je pense, je pensais qu’il fallait changer le régime, qu’il fallait supprimer le profit, qu’il fallait que l’homme gérât lui-même ses affaires, chaque corps de métier… Je ne veux pas rentrer dans le détail parce qu’on emmerderait tout le monde et, d’ailleurs, je ne sais pas si je saurais bien m’y prendre. Je pensais, moi, que les métiers pourraient gérer eux-mêmes, qu’on pouvait supprimer le profit, qu’on pouvait supprimer l’argent, voyez, qu’on pouvait faire des espèces de…, le fédéralisme anarchiste, quoi. Je pensais qu’on pouvait faire ça. Je pensais que ça deviendrait contagieux, que les Allemands, que les Italiens et les Anglais feraient comme nous ; que le monde entier… Voilà ce que je pensais. Je le pense un petit peu moins mais c’est encore possible. Tout est possible, vous savez. (12)
         
         
        J’ai pris une certaine distance sur le plan du milita me, si vous voulez. Sur le plan de la morale et de la philosophie anarchistes, j’en suis resté là. Je continue à avoir, je pense, la même morale. Et mon comportement dans la vie, sinon dans mes chansons, mon comportement est le plus proche possible (dans la mesure où un comportement peut être proche d’un idéal), le plus proche possible de la morale anarchiste. Je crois avoir le comportement que j’aurais eu à vingt-six, vingt-sept ans. Mai toujours été, le jour où la violence m’a passé, enfin le jour où j’ai mis la violence de côté, j’ai toujours été un peu en marge, même de certains de mes amis. (8)
         
        Brassens. Propos d’un homme singulier.
        Loïc Rochard
        Pages 133 à 139 

      • A ne pas manquer :

        L’utilité de l’inutile

        Vertu de l’inutilité! Quand elle rime avec curiosité paresseuse, sédimentation heureuse d’amitié, de lectures savantes et de temps délicieusement et prétendument perdu. Fin sinologue, critique d’art, traducteur, essayiste et romancier, Simon Leys a de grandes passions, aux nombres desquelles la mer, la littérature et la peinture chinoise, mais aussi quelques écrivains occidentaux qu’il a longuement fréquentés. Ce recueil rassemble des articles et des conférences sur des auteurs qui ont tenté de vivre malgré leur époque, en restant eux-mêmes, c’est-à-dire lucides et intègres.
        Des écrivains qui maniaient l’ironie et l’indignation, mais aussi l’allégeance à la vie, et qui, à l’égal de George Orwell, cultivaient « le dégoût de toutes les nauséabondes orthodoxies qui se disputent notre âme » et n’oubliaient pas d’aller regarder pousser la rhubarbe au jardin. Comme eux, Simon Leys se méfie de ceux qui, par la force, veulent faire le bonheur de l’humanité sans lui demander son avis.

        Les grands lettrés

        « Le studio de l’inutilité », joliment nommé, était un cabanon branlant qui fut pour Simon Leys, alors étudiant à Hong-Kong, un havre de paix, de camaraderie et d’échanges féconds. Il lui a donné le goût de ne pas séparer la vie du travail et de se défier des experts qui oublient le goût de l’amateur pour le travail bien fait. Goût qu’il retrouve chez les écrivains dont il brosse de vigoureux et savoureux portraits, dans ce livre recueil qui est au fond un portrait chinois. On y retrouve son propre tempérament à résister à l’arbitraire et à la bêtise avec ténacité, feu ou humour. Des traits qu’il a trouvés chez les grands lettrés chinois et qu’il retrouve chez G.K. Chesterton, l’auteur anglais du XI Xe Joseph Conrad, Orwell, ou même la philosophe Simone Weil.

        Brossant la biographie de ces écrivains, il sépare prudemment, mais pas tout à fait, la vie de l’écrit, dès lors que les amours mortes, les errances de l’âme et du corps, les fulgurances ou au contraire les remords influent sur l’œuvre. Parfois fâcheusement. Simon Leys s’irrite à titre posthume contre Henri Michaux et contre les éditions de la Pléiade qui ont publié non pas l’orignal d' »Un barbare en Asie », mais le texte prudemment expurgé de ses insolences par Michaux, de peur de froisser les Japonais. Une manière, pour Simon Leys, de mettre en garde les futurs veuves et enfants d’écrivains célèbres de la tentation de censurer ou, au contraire, de publier des carnets ou des brouillons non destinés à être rendus publics. Lui-même, lorsqu’il aborde l’intimité d’un de ses mentors, il le fait avec doigté et judicieusement, s’arrêtant avec élégance au seuil de la chambre à coucher, sans nous priver pour autant d’anecdotes touchantes ou cocasses. Ainsi Orwell avait nommé son chien Marx, « pour nous rappeler que nous ne l’avions pas lu, rapporte sa première épouse. Mais maintenant que nous l’avons lu un peu et que nous avons pris l’homme en grippe, nous n’osons plus regarder notre chien dans les yeux… »

        Belgitude et chinoiseries

        L’amour-haine est un thème récurrent des chroniques ici rassemblées. Et notamment à l’égard de la Belgique. C’est qu’il y a peu, de zélés fonctionnaires, dans un sursaut administratif abscons, ont rayé les jumeaux de Simon Leys de la nationalité belge, les rendant du même coup apatrides. Après avoir décoché ses flèches contre le maoïsme et son administration du peuple (« Les habits neufs du Président Mao », 1971), et contre les complaisances coupables de l’intelligentsia de gauche, voilà que s’offre à Simon Leys une nouvelle cible, et plus retorse. Nos fonctionnaires…
        Dans ce combat contre l’étroitesse d’esprit il se choisi pour alliés Henri Michaux et le Prince de Ligne, qui ont fui dès que possible Namur et Beloeil. Le Prince de Ligne avait proposé asile à Jean-Jacques Rousseau, en ces termes: « Pensez à ce que je vous ai proposé, on ne sait pas lire dans mon pays, vous ne serez ni admiré ni persécuté. » La postérité fait rarement payer de telles lucidités, en revanche elle coûte très cher aux auteurs vivants.
        Simon Leys rappelle que le Prix Nobel de la Paix 2010 Liu Xiaobo purge une peine de onze ans pour avoir écrit ce que tout le monde sait mais feint de ne pas voir, y compris de ce côté-ci de la Muraille de Chine.

        Mise en garde

        « Le Studio de l’Inutilité » prend le relais en demandant, à son tour, si injustices, traite des êtres humains, abus de pouvoir et corruption sont le fait d’une grande puissance? Le sinologue Simon Leys met également en garde l’Occident dans sa prétention ignorante des autres civilisations, à vouloir apporter seul les réponses aux maux de l’humanité. Il est des recommandations oubliées de la pensée chinoise qu’il est toujours utile, cette fois, de rappeler, et notamment celle sur l’art du trait, « les qualités et les défauts de la peinture sont fonction de l’élévation ou de la médiocrité morales de l’homme ». A bon entendeur…

        Sophie Creuz

        « Le studio de l’inutilité » (Flammarion) de Simon Leys ou comment vivre libre et sans honte dans un monde indigne

  37. bold

    Merci pour votre article.
    Peut-être serait-il temps de relire nos amis anarchistes (ou socialistes libertaires) pour avoir quelques idées rafraîchissantes sur la question ? Oui, vous savez, ces vilains terroristes-utopiques-barbus qui en opposition aux socialistes autoritaires, suggéraient d’essayer la démocratie directe, l’autogestion, la libre entente entre groupes locaux et leur fédération, qui remettaient en question la centralité du travail, la division de celui-ci et le salariat. Tout cela peut paraître radical, mais au plus on avance, au plus j’y repense. Par exemple Kropotkine et son livre « La conquête du pain » est un must. Ou bien pour avoir des idées concrètes de façon de se débrouiller autrement, lire « Un million de révolutions tranquilles » de Bénédicte Manier (qui elle n’est pas une vilaine anarchiste mais les expérimentations qu’elle relate y font aussi parfois penser). Enfin, votre article me fait aussi un peu penser aux « jobs à la con » de David Graeber (encore un gars ouvertement influencé par le courant anarchiste).

    • Isa

      « Un million de révolution tranquilles » c’est là : http://www.editionslesliensquiliberent.fr/f/index.php?sp=liv&livre_id=56
      Des idées directement issues du socialisme utopique, s’il faut ramener ça à un mouvement politique (ou même à certains principes d’organisation anachistes). mais le truc, justement, c’est de faire ça tranquillement, en proposant, sans théorie politique associée. Et sérieusement (pas besoin de gueuler « autogestion ! autogestion ! » pour être un bon collectif autogestionnaire). Du coup, tu perds pas d’énergie à combattre, ou à pleurnicher (ben oui, on a tous une énergie limitée, il s’agit de savoir l’employer au mieux). Il faut aussi accepter le débat (et y’en a beaucoup dans la mouvance, perso j’ai beaucoup de mal avec les « entrepreneurs sociaux » dont le résultat le plus flagrant est qu’ils payent moins cher le même boulot, avec comme excuse que eux, ils sont gentils et « sociaux »… bref).

      Parce que causer, causer et causer sur les blogs, c’est bien. S’apercevoir que c’est vraiment la merdre, je dirai : il est temps, non ? Mais à un moment, il faut *FAIRE* 🙂

      Alors intéressez-vous un peu à l’os qu’on nous file à ronger et demandez-vous comment vous (oui, vous, là !), vous pourrez le transformer en or :
      http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20130722trib000776922/le-gouvernement-aux-petits-soins-pour-l-economie-sociale-et-solidaire-.html
      Attention, c’est sur un journal ultra-libéral, et les commentaire dessous montrent qu’ils ont flairé l’embrouille. Mais chut ! Quand ils se réveilleront sous le bruit de leurs imbécilités boursières qui s’effondreront (c’est inévitable), nous on sera déjà organisés pour tout remettre en route *autrement*.

  38. Yves Héron

    Il y’ a quelques mois, je lisais ce genre d’article avec beaucoup d’intérêt… Depuis le chômage est passé par là… Aujourd’hui, je calcule tous les mois… simplement pour la nourriture. Noël ne sera pas une fête pour moi, ni pour les enfants…

    Je serais tellement plus utile au chômage…. Il faut déjà pouvoir vivre pour être utile aux autres.

  39. Merci pour ce brillant article ! Ce genre de billet raisonne énormément en moi ! Splendide ! Reste maintenant à trouver un moyen de développer les solutions que tu évoques. En s’appuyant sur un démocratie horizontale, les Suisses sont entrain de discuter d’une mise en application du revenu de base. Mais pour une mise en oeuvre à plus grande échelle, la seule clé qui puisse être viable selon moi reste le numérique : la démocratie est un des derniers secteurs où les IT n’ont pas rebattu les cartes. Ceci va forcément évoluer.

    Ou alors, je ferai le même constat que toi dans 20 ans, avec tristesse…

  40. odile

    Bonjour
    Née en 1969 je viens de faire la même démarche; Très qualifié et après une belle carrière comme on dit je viens de quitter ma grosse multinationale qui vends du produit négatif à haute valeur ajoutée pour faire de l’associatif et créer mon propre job. C’était cela ou la mort par l’ennui!
    Et bien on me prend au mieux pour une joyeuse illuminée au pire pour une folle .
    Je vais aller voir ce qui se fait en économie solidaire aussi

  41. Alex

    À propos du débat Revenu inconditionnel (d’existence, de base…) / salarie à vie et à la qualification :

    Le revenu inconditionnel (dans ses différentes versions) et le salaire à vie au sens de Réseau Salariat ont en commun le versement à tous d’un montant supérieur aux minima sociaux. Toutefois, le revenu inconditionnel, qui examine plusieurs financements, opte pour l’impôt progressif sur le revenu et sur le patrimoine, sans exclure une combinaison avec la cotisation sociale. Pour Réseau Salariat, celle-ci seule s’impose, car elle subvertit le capital, tandis que la fiscalité le confirme :

    1. redistributive, la fiscalité suppose que la répartition de la richesse entre salaire et profit ait déjà eu lieu. En ce sens, elle met d’autant moins en cause le profit qu’elle y est adossée. A l’inverse, la cotisation fait partie de la répartition première de la richesse, de même que le salaire et le profit ; mieux, toute hausse de la cotisation concurrence le profit.

    2. Que l’allocataire soit aussi employé ou ne vive que du revenu universel, il n’a aucune maîtrise du quoi et du comment de la production, qui restent le fait du propriétaire du capital. Le salaire à vie propose l’inverse : reconnaître à chacun le droit politique de décider de la production.

    Les caisses de sécurité sociale et la cotisation sociale prouvent que ça marche, en gérant 30 % du produit intérieur brut et en salariant déjà les millions de retraités, les soignants, les parents, sans profit ni marché du travail ! Etendue au financement du salaire à vie et de l’investissement, elle supprime toute légitimité au capital.

    En savoir + http://www.reseau-salariat.info/6a2aa40dce09799c0cadcbffcef31985?lang=fr

  42. ytt

    Article intéressant.

    A mon avis la question primordiale est la suivante : comment décide-t’on collectivement de ce qui doit être produit ? Il y a en gros deux réponses :

    1) d’une part le marché des biens et services, payés par les achats des consommateurs

    2) d’autre part les services non marchands, payés pas la collectivité via les impôts

    L’employé de l’armurerie fait partie du 1) : les armes se vendent bien, donc des entrepreneurs ont intérêt à en fabriquer, et ont besoin de travailleurs. Notez que le secteur marchand est quand même réglementé : rien n’empêche une société de décider collectivement qu’il est insupportable de fabriquer telle sorte d’arme en votant une loi. Autrement dit : si les mines se fabriquent, c’est sans doute parce que les électeurs le supportent très bien, voire y trouvent leur intérêt (en emplois notamment).

    Le prof ou l’infirmière fait partie du 2) : la collectivité décide que ces fonctions sont utiles, et les paye via l’impôt. Si l’un de vos « 10000 trucs » est vraiment « utile à la société », la collectivité peut là aussi décider de « socialiser » ce domaine, de créer des emplois de fonctionnaires,  en étandant le secteur public non marchand.

    Tout ça pour dire que le revenu de base pourquoi pas… mais qu’à mon avis le cadre actuel n’empêche en rien que « les choses bougent », ou en tout cas ne constitue pas un obstacle infranchissable. La société décide de ce qu’il faut faire passer du 1) au 2) ou du 2) au 1). Ce qui est « d’intérêt général » se retrouvant souvent dans le 2)… mais pas forcément non plus : je ne vois par exemple pas l’intérêt de créer un secteur public de fabrication du pain.

    Sur la disparition des emplois non qualifiés, comme ça a été dit, ils ne disparaissent pas, ils changent d’endroit… Quelques taxes bien pensées aux frontières, quelques mesures protectionnistes, une monnaie utilisée différemment, et ces emplois reviendraient.

    Enfin à mon avis certains commentateurs ont raison de lier tout cela à la consommation : c’est bien la volonté (d’une partie du pays, celle qui en a les moyens) de consommer toujours plus qui est au fondement de tout cela : refus de payer plus d’impôts (et donc de socialiser davantage l’économie), acceptation du libéralisme et de l’euro fort (qui permettent d’acheter des gadgets hi-tech à bas prix),  culte de l’argent, dévalorisation culturelle des emplois manuels…

    Au passage, sur l’intérêt d’un métier, et aussi la différence entre travail « manuel » et « non manuel », je vous conseille la lecture du livre « éloge du carburateur », qui est assez formidable, et donne matière à réfléchir à tout ça.

  43. J’ai l’impression qu’il faut aller chercher dans le fonctionnement de la monnaie pour trouver la racine du problème (pas mal de vidéos sur le web expliquent le problème). Avec à ce sujet des solutions qui arrivent : http://fr.m.wikipedia.org/wiki/OpenUDC.
    Cette piste permettrait d’introduire un revenu de base sans attendre le politique, car c’est un système monétaire qui l’inclut dès le départ (attention, défendons quand même le revenu de base au niveau politique et signons l’initiative européenne, ça pourrait quand même passer). Ce serait hyper utile pour la société, mais comme tu l’expliques, il faut des développeurs qui acceptent de ne pas être payés pour le construire, et donc ça prend beaucoup plus de temps que l’installation de systèmes comme le trading à haute fréquence qui lui rapporte des milliards mais est destructeur socialement.

    Par ailleurs, des modèles alternatifs de rémunération arrivent, comme le site gittip, qui fait passer à l’échelle le modèle utilisé par Paul Jorion (dans la vidéo de l’article), qui était à l’époque l’un des seuls journalistes à parler librement et de manière très approfondie de la crise, car il était rémunéré autour de 2000€ par mois par les dons de ses lecteurs et non par des intermédiaires.
    Gittip se positionne par ailleurs comme la première entreprise vraiment ouverte, avec un fonctionnement totalement différent de ce que l’on a l’habitude de voir. Pas de chômage chez Gittip, chacun peut contribuer à améliorer le site, et demander à recevoir un peu de l’argent récolté. Vous imaginez ? Vous entrez dans une entreprise, vous travaillez la journée avec vos compétences et sur les sujets qui vous passionnent, puis le soir, vous décidez de la part qui vous revient par rapport aux bénéfices globaux… Bénéfices qui ne sont pas liés aux produits vendus (tout ce qui est produit est gratuit), mais aux dons que les acheteurs feraient à l’entreprise. C’est comme cela que fonctionne gittip… Et Gittip propose à tous les projets qui le souhaitent d’adopter le même fonctionnement en utilisant la plateforme (c’est le service proposé par Gittip, gratuitement). Si l’on imagine l’adoption de ce mode de faire pour de plus en plus d’organisations, ce n’est plus d’argent dont on va avoir besoin, puisque tout sera gratuit… Un bel outil de transition vers l’économie du don.
    J’ai tenté d’expliquer les enjeu ici, mais c’est à améliorer (la fiche est en mode wiki) : http://imaginationforpeople.org/fr/project/gittip/http://gittip.com

  44. Vincent

    JCFrogBlog4 > Quand tu penses que des ingénieurs travaillent à l’obsolescence programmée, et on nous dira qu’il n’y a pas de sot métier.

    « Le mythe de l’obsolescence programmée »
    http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/?2011/03/07/1773

    > Mais toute cette énergie, toute cette puissance est mise au service de la marge à 2 chiffres

    Trouver un marché de niche et « scalable ». Il existe plein de besoins négligés par les plus grosses boîtes faute de rentabilité jugée suffisante mais qui permettent de faire vivre une ou deux personnes.

    > Etre ingénieur ce pourrait être beau

    Ça l’est encore : il suffit d’écouter les gens se plaindre et leur proposer une solution à leur problème.

    > J’entendais récemment Fleur Pellerin déclarer tous sourires numériques déployés que « les petits emplois c’est fini, on ne peut pas rivaliser avec les pays émergents, il faut développer les hautes technologies et les emplois hautement qualifiés ». Ah oui? C’est une ministre socialiste qui nous chante ça?

    En même temps, diplômée d’une école de commerce et au PS, ça n’a rien d’étonnant. PS = droite complexée.

    > De merveilleuses machines qui mettent tellement de postiers au chomage.

    – ça les libère pour faire autre chose, qui demande des compétences dont les machines ne sont pas dotées
    – si on ne leur trouve pas d’autre place (difficulté de reformer des gens, ou contrainte énergétique http://www.manicore.com), réduire le temps de travail à 20h/semaine pour tout le monde permettra de créer des emplois… à condition que les en-emploi acceptent de réduire leur salaire en conséquence.

    > nous marchons sur la tête

    Ça n’est pas nouveau : le PIB, c.a.d. la fameuse « croissance », est un indicateur très mal fichu, notamment parce qu’il n’impose pas de déprécier les matières premières non-renouvelables, comme par exemple les hydrocarbures (pétrole, gaz) sur lesquels nos économies sont entièrement basées depuis un siècle. Les prochaines décennies vont être trèèèèèèèèèèèès intéressantes 😉

  45. Bonjour Jérôme,
    Je viens de lire votre article qu’un de mes « amis » avait partagé sur Facebook. Je ne résiste pas à l’envie de vous écrire pour vous rendre attentif à l’association dans laquelle je milite : Article 3 veut l’inscription du référendum d’initiative populaire dans l’article 3 de notre Constitution. Les Suisses l’ont, et ils ont déjà rassemblé les 100 000 signatures nécessaires au lancement d’un référendum sur le revenu de base… Bien à vous,
    Patrice (« Camille Desmoulins » sur Facebook)

  46. yves

    Je me demande souvent si j’ai bien ruminé La Boétie et je m’aperçois qu’un mot m’échappe souvent. Je pense : « soyez décidé » ou « déterminé ». Mais La Boétie écrivit : « Soyez résolus de ne plus servir et vous voilà libres » 😉
    Car Brassens avait raison quand il disait : « Tu vois, la seule révolution possible
    est d’essayer de s’améliorer soi-même ;en espérant que les autres fassent la même demande.
    Je me permets ce petit aparté dans le fil pour manifester ma gène vis-à-vis de beaucoup d’interventions récentes qui me semblent très impersonnelles. Le fonctionnement de la monnaie ou l’obsolescence ne sont pas des sujets, mais des concepts et les concepts n’agissent pas… Seuls les hommes peuvent agir. Un, puis deux…
    😉
    Yves

  47. yannick

    Le travail quotidien des femmes n’a jamais été rémunéré, je pense qu’il a eu une importance déterminante à toutes les époques, c’est simplement aujourd’hui où leurs tâches leur ont été dérobées par l’industrie (naissance, éducation, soin, alimentation, accompagnement vers la mort) qu’elles demandent à avoir un travail rémunéré. Je suis une femme, je ne regrette pas d’avoir pu accéder à une instruction correcte, mais j’ai conscience que le pouvoir immense des femmes sur la vie même, nous a été confisqué par la technologie industrialisée qui se trouve être aussi capitaliste. c’est l’importance symbolique qui allait avec ces tâches qui nous a été prise en même temps. Puisque le symbole est mort, il ne reste que l’argent…

    • Christophe Drevet-Droguet

      Le salaire universel propose de rémunérer chaque être humain, à vie, sans condition, mais tout de même sur la base d’une qualification (à définir) croissante. Il permet de donner une valeur monétaire à l’activité (autrement dit, le travail) de chacun, quelle que soit la forme de ce travail, qu’il soit marchand ou non-marchand.

      Ce salaire universel pourrait-il être une réponse au problème que vous soulevez ?

  48. J’aime bien cet article. Personnellement, étant particulièrement peu courageux, je n’ai abandonné que 20% de mon salaire en passant à temps partiel, et j’ai consacré le temps ainsi gagné à faire des trucs de développeurs et de geeks. Dont certains que j’espère utiles, et puisque certains commentaires parlent du problème de création monétaire, j’ai créé ma propre monnaie, et le pire c’est qu’elle fonctionne !
    Ça s’appelle Monnaie M, c’est une démarche citoyenne est désintéressée qui vise à faire comprendre comment fonctionne une monnaie, ce que sont un revenu de base et un SEL. Chaque inscrit reçoit 50 « M » qui lui permettent d’entamer les échanges sur une plateforme de type « Le bon coin ». Chaque mois un revenu de base est distribué à tous pour continuer les échanges. On est pas loin de 300 à s’échanger des trucs sans utiliser l’euro. On n’attend plus que vous tous…

  49. phil

    J’ai un parcours similaire, sauf que je suis au chômage.
    Bref. Mes réflexions m’amènent à ce constat :
    Mon acceptation ou refus de l’échelle (exponentielle) du pouvoir et de l’argent.
    Pendant longtemps dépendant d’un regard vers le haut ou le bas selon sa place sur l’échelle, obtenue ou subie, on commente les montées de « gagnants de loto » et les chutes de « DSK ».
    Et puis, au fil du temps, à la 40aine, une prise de conscience de la bêtise de cette échelle et un refus d’y continuer. Finalement, je suis content que plusieurs projets n’aient pas marché, j’aurais pu devenir con.
    Et en politique, j’ai été à droite, à gauche, au centre et rien n’y fait, je n’y crois pas.
    Tout sonne faux. Mais comment faire sans ce système ? Comment ne plus dépendre et alimenter cette bête ? Si le pouvoir ultime c’est le politique j’irais voter blanc (mais le vote blanc est noyé avec l’abstention pour accuser tous ceux qui ne participe pas au « choix démocratique ») et si l’argent est le moyen (et le but) unique, il faut créer un système parallèle, qui ne pourra pas être confisqué ou volé pour échanger le nécessaire et ne pas nous aliéner à créer une nouvelle échelle. Dans l’histoire, les SEL qui ont été une menace se sont vu fermés (au nom d’une seule monnaie nationale), donc il faut une « réforme » en profondeur de l’échange multi-parties, pour ceux qui le désirent et non imposée à tous, peut être sortir du système marchand au complet pour ne pas dépendre d’une loi encore plus restrictive (don, prix libre avec code moral d’équilibre) ?

  50. Pour ma part je ne peux qu’applaudir des deux mains.
    Mon expérience personnelle m’a conduite à comprendre ceci :
    L’être qui travail dans ce monde économique ne produit pas de richesses, il produit de la pauvreté.
    Il commence cette production par lui même en soumettant son être à la marchandisation.
    Il poursuit cette production en polluant d’une façon démesurée relativement à se que serait sa charge environnemental si il ne faisait pas partie de la société marchande.
    Il valide cette production de pauvreté par la notion de travail, la notion de travail légitimant les agitations les plus futiles.
    Et enfin il génère de la pauvreté idéologique, en définissant que celui dont l’activité ne génère pas de  »richesses » économiques, est un pauvre.
    Si il est évidant qu’un être peut s’enrichir, en façonnant, en étudiant, en pensant, le monde économique lui interdira l’accès à ces possibilités en plaçant le vecteur économique au centre de toute actions.
    La rentabilité économique étant élevée ici plus haut que la rentabilité raisonnable d’une action, elle générera plus de veines agitations, de destructions et de pauvreté que de véritable bénéfices pour l’être humain.
    Je te propose de venir jeter un œil aux extraits de mon nouveau bouquin  »Cochon de Bretagne », qui projette une vision particulière de la problématique via ce lien.
    http://cochon-de-bretagne.pagesperso-orange.fr/

    Yannick

  51. Isa

    🙂 🙂 🙂
    Jc, plus haut, il me dit « sur le fond, faudrait que je creuse mais je reconnais avoir un apriori négatif, ça sent le « capitalisme jeune cool et sympa »…………. (à propos de l’ESS) – et en même temps il republie son billet sur Bastamag
    http://www.bastamag.net/article3486.html
    qui est un des médias qui soutient et milite LE PLUS pour l’Économie sociale et solidaire (avec Alternatives Economique)… … … Je pige plus rien là 🙂 🙂 🙂

      • Isa

        Ohh ? Ils ont quand même demandé la permission, au moins ? Parce que normalement, c’est le genre réglo.
        Cela dit, c’est tellement bien exprimé : le désespoir existentiel sous l’ère ultra-libérale, le sentiment de vide même chez celui qui *a priori* aurait pas trop de raison de se plaindre… m’étonne pas vraiment que ça fasse le tour du Web.
        🙂

        • jcfrog

          oui ils m’ont demandé, tout a été fait dans les règles. Même si ce n’était pas nécessaire puisque mon blog est sous licence CC0 (= domaine public), ce qui m’a valu d’ailleurs de drôles de surprises puisque je suis également repris sur un site d’extrême droite 🙂

          • Dominique

            ben oui, repris sur un Site d’extrême-droite, lol. Tant mieux si au moins le Front National – au lieu de promouvoir la sortie de l’Euro – se mettait à promouvoir ce revenu-citoyen européen pour tous : de leur naissance à leur mort, financé par la création monétaire – création monétaire après tout pas importante plus que les USA se le « permettent » et l’imposent au reste du monde avec que qu’ils appellent leur « Quantitative Easing/QE » : ils en sont au QE4, 45 milliards de USD$ par mois ces temps-ci « imprimés » ex Nihilo.

          • Isa

            Oui, enfin, ça arrive à plus d’un tu sais. La base de l’extrême-droite s’est constituée, comme toujours dans l’Histoire, en réaction à la paupérisation et à la précarisation sociale. Les mêmes problèmes que nous, mais une réaction « intime » totalement différente en ce qui les concerne. Mais on ne peut quand même pas filer le pouvoir à des psys pour qu’ils s’occupent des ravages produits un peu partout par les personnalités paranoïaques ou paranoïdes – qui sont monstrueux, parce que ces gens ont l’air *normaux* et sont capables d’être très persuasifs, autoritaires et/ou manipulateurs, donc il y en a énormément dans les gouvernements totalitaires. L’expérience de l’ex-URSS a montré que les dérives étaient catastrophiques. Par contre, je trouve qu’on aurait intérêt à mieux faire connaître ce type de troubles de la personnalité, pour cesser de se faire avoir comme des bleus, à répétition, depuis des siècles.

          • Dominique

            De Gaulle encore : « La France, c’est tout à la fois, c’est tous les Français. C’est pas la gauche la France ! C’est pas la droite la France ! Naturellement, les Français, comme de tout temps, ressentent en eux des courants… Prétendre faire la France avec une fraction, c’est une erreur grave. Et prétendre représenter la France au nom d’une fraction, cela c’est une erreur nationale ».
            La France serait fidèle à elle-même en apportant au Monde ce dépassement du Capitalisme – encore très « sauvage », par essence prédateur et esclavagiste, fondé sur la corruption de la monnaie internationale natitionale US – (« Dollar is our money, but your problem » comme ils disent) , que constituerait « le revenu citoyen européen » pour tous les Européens de la naissance à la Mort, strictement financé par la création monétaire d’Euros, ne pouvant être « créés » que pour cela.

            La France aussi, pourrait alors même céder à la revendication de (l’extrême ?)-droite UMP qu’exprimait Coppé de revenir sur le « Droit du Sol », au lieu du « droit du sang » (tel que tradionnel en Allemagne) pour l’acquisition de la Nationalité Française en dehors de la « Naturalisation ».

            Bref, ce « revenu citoyen européen » financé par la création monétaire en Euro, est une option « dépassant les Partis », qui finirait par arranger tout le monde, l’extrême-droite, comme l’Extrême-Gauche, les Ecologistes, la Gauche, la droite, le Centre, … ceux qui veulent « travailler plus pour gagner et posséder plus » … et tous ceux qui veulent vivre heureux et éduquer leurs enfants dans la « sobriété heureuse » indépendamment du modèle consumeriste dominant et asservissant.

  52. Dominique

    Totalement exact : (Pour moi qui en ai 64 = 20 ans en 1968 – et qui a fait les mêmes choix : vie au bord de la mer « au chômage » dans une « sobriété heureuse ») … il a tout compris … ce jeune de 45 ans né en 68 : que tout redevient possible et heureux, à partir du moment – où individuellement (ou bien un jour, collectivement, tout un pays, mais alors parce que « forcé » du fait que le modèle de « croissance » ad infinitum antérieur n’y marche plus, y est « en panne » : ce jour est-il arrivé ?) – on se guérit de son addiction/drogue dure au Consumerisme … censé être un « Devoir » car « créateur de l’emploi » des autres et et générateur d’une « croissance ad infinium » … et « ad nauseam ».

  53. Dominique

    Oui, la cohérence de tout cela, serait la création d’un revenu européen minimum raisonnable de tous ceux qui ne travaillent pas salariés (les enfants depuis leur naissance jusqu’aux retraités dont la retraite n’atteint pas ce minimum) financé par la création monétaire (actuellement – merci aux Allemands – l’euro est la seule monnaire d’envergure internationale qui ne se « permet pas », ce que de Gaulle appelait le « Privilège exhorbitant » – du dollar – de pouvoir être « imprimé » sans contrepartie).

  54. Dominique

    alors ce serait aux Salariés et entrepreneurs qui veulent tant « travailler plus pour gagner plus » de payer LEUR dette avec leur Impôts : n’est-il pas curieux d’ailleurs que personne ne parle jamais de la rembourser, cette dette, mais seulement de ce qu’elle augmente moins vite.

  55. Dominique

    Sans cette « création monétaire » massive pour financer ce « revenu citoyen européen » de la naissance à la mort, l’euro sera TOUJOURS très surévalué par rapport au dollar, rendant les exportations européennes non-compétitives sur le marché international.

  56. Dominique

    Une fois ce revenu-citoyen européen institué, la consommation et les exportations européennes seront relancées, … et il restera bien assez d’emplois pour tous ceux qui tiennent tant à « travailler plus, pour gagner et POSSEDER plus ».

  57. Excellent article … mais plus encore, jouissive idée que de s’attaquer à l’hydre du travail. Le travail est aujourd’hui le leucocyte de la société mais avant tout la meilleure arme actuelle pour capter les masses.

    Je vais gonfler tout le monde avec quelques citations mais c’est à dessein, alors tant pis …
    Paul Lafargues : « La peur de l’ennui est la seule excuse du travail »
    Dominique Méda disait  » Confondre Culture et Travail, c’est oublier que la vie est aussi action, et pas seulement production… ».
    Notons aussi Pierre Carles et son fameux documentaire « Attention Danger Travail » (http://www.youtube.com/watch?v=bLo3IakDYg0) mais aussi des sociologues réputés comme Robert Castel, Pierre Bourdieux, …

    Ces quelques références disparates pour illustrer le fait que cette pensée de réaction vis à vis du travail n’est pas nouvelle mais reste embryonnaire. La principale raison à cela est, selon moi, des décennies d’intoxication culturelle qui rendent toute idée vraiment novatrice en la matière, inaudible, incongrue et le plus souvent insupportable (constatons tous les commentaires qui parlent bêtement d’éloge de la paresse comme pour se vacciner contre un éventuel risque d’être contaminé par l’idée …). Ce sujet ne provoque pas de réflexions mais des réactions car il touche nos fondamentaux, notre socle culturel, des idées que l’on nous a injectées depuis tout petit. Nous sentons qu’il nous fait du mal mais nous ne pouvons imaginer le remettre en cause.

    Non seulement le travail est un leucocyte sociétale mais il est le vecteur absolu de domination. Nous pourrions imaginer tout à fait sérieusement que son rejeton, le chômage, est son bras armé (renseignez-vous sur le NAIRU, un exemple parmi d’autres). C’est la révolution néo-libérale qui a transformé le travail en pitbull.
    En 1970, 400 licenciements entraînent une grève nationale. En 1986, 300000 chômeurs, et personne ne bronche. Aujourd’hui ? bien pire encore. Le pitbull fait son travail et le travail fait son pitbull !! La peur sociale a changé de camp depuis longtemps. Remettre en cause le travail, c’est remettre en cause notre modèle, c’est remettre en cause notre société, c’est renier notre monde … et bla bla bla … pourquoi voulez vous que les hommes politiques remettent en cause une notion si bénéfique pour imposer le silence alors qu’en plus nous mêmes nous nous faisons les chantres de notre bourreau (syndrome de Stockholm).

    Le terme travail n’a pas d’autre sens que celui du travail salarié et il ne sert pas à grand chose de différencier les deux termes car la confusion est déjà installée. Pourtant il s’agit bien de remettre en cause le travail salarié, pas la notion d’effort ou d’occupation même si cette confusion est alimentée par les contradicteurs bas de plafond.

    Michel Husson écrit : « Si déconnexion il doit y avoir, c’est entre le salaire des travailleurs et la rentabilité directe de leur travail, et cette déconnexion ne peut s’opérer que par une socialisation de l’affectation du travail, qui passe par des transferts de valeur en direction des services moins rentables mais socialement prioritaires. Le rôle des services publics, de la socialisation de l’offre et l’objectif de gratuité tiennent une place centrale dans cette perspective. En un certain sens, elle s’oppose directement au projet de contournement qui inspire l’idée de tiers secteur, en mettant en avant l’exigence d’une maîtrise directe des choix sociaux, et donc d’une opposition frontale aux purs critères de profit. »
    Le vrai combat est peut-être ici : commencer à distinguer les « valeurs d’usage » des « valeurs d’échange ».

    Dans votre article mais aussi des de nombreux commentaires, vous tentez d’expliquer aux mal comprenant, qu’il faut distinguer travail (travail salarié donc) et emploi. Mais n’est-ce pas un demi-pas ? Mais est-ce que le vrai chemin ne serait pas alors de remplacer la reconnaissance du travail comme référence sociétale par sa composante intègre: l’activité.

    J’ai toujours penser que les entreprises petites ou grandes devraient trouver un label de qualité récompensant leur apport à la société (éthique, social, écologie, …) et non au marché. L’intérêt de l’activité du citoyen dans sa ville ou son pays, comme celui d’un parent dans sa famille ou d’un homme pour ses amis, comme celui d’un être humain pour sa planète, n’est-ce pas ici que pourrait situer ce qu’il serait intéressant de privilégier pour le valoriser d’une manière ou d’une autre ? Ne serions-nous pas tous prêts à indemniser les bénéfices communs de cette activité ?

    C’est en tous cas ce que je souhaite personnellement et que j’estime comme une vraie voie alternative malgré tous les obstacles qui peuvent jalonner son éclosion. Merci pour votre article.

  58. Pingback: Je serais tellement plus utile au chômage #emploi #hasbeen | Le Paradis fiscal

  59. Bonjour et merci pour cet article, qui pose des questions intéressantes.

    Je vois que le revenu garanti fait partie de ces solutions qui vous attirent l’œil, et c’est compréhensible. Pour ma part, je crois pour l’avoir testé pendant dix ans qu’il est souhaitable dans des sociétés qui sont plus solidaires que la nôtre. On a en France le marché du travail le plus excluant au monde, et la productivité la plus élevée en échange, et je pense que le revenu garanti renouvellerait cette exclusion, entre ceux et celles qui ont un boulot gratifiant et ceux et celles qui ont un boulot de merde mal rémunéré ou qui se posent des questions ou qui sont déjà au chômage. C’est bien de se poser des questions et de penser abandonner l’emploi, ça fait plaisir à voir mais on va laisser les connards qui ne s’en posent pas surtravailler, laisser le boulot domestique à madame, consommer tous les services possibles et imaginables parce qu’ils ont la flemme de le faire eux-mêmes, de demander poliment ou de s’inscrire dans des circuits de solidarité, et au final partir en vacances aussi loin que brièvement ? (Oui, c’est le genre de vie qui mènent les gens qui surtravaillent, voir le bouquin Du balai des économistes Sandrine Rousseau et F.-X. Devetter.)

    Je préfère aller voir du côté d’une RTT radicale (4 jours/semaine, puis 4 heures/jour en attendant moins) et de l’économie sociale et solidaire. Minga, par exemple, regroupe des entreprises où on ne gagne pas beaucoup mais qui ont du sens et se posent la question du sens du travail : http://www.minga.net/spip.php?rubrique1.

    Et en attendant de trouver de quoi vivre (pas que les sous, aussi les collègues, comparses, compagnes/ons et les œuvres à faire ensemble) je dépense mon obole dans des activités qui font trimer plus de gens et moins connement (agriculture bio de proximité, librairie, etc.) et j’essaie de soutenir des activités artistiques ou militantes qui ont besoin de pognon pour exister (et qui sait faire concurrence aux merdes capitalistes ?).

    Je présente ces questions ici : http://blog.ecologie-politique.eu/post/Le-revenu-garanti-en-ligne-de-mire. Et il y a un autre article en suivant pour préciser. Merci pour votre contribution !

  60. Dominique

    Pour être viable, en tant que développement durable/dépassement du Capitaliste, ce revenu minimum doit être pour tous les non-salariés (donc aussi pour les enfants = de la naissance à la mort) et EUROPEEN
    = à l’échelle de ce qui est la 1ère Puissance économique mondiale
    … et financé par la création monétaire en Euro … à l’égal de la création monétaire en dollar que se « permettent les USA ces temps-ci (Quantitative Easing / QE4) à hauteur de 45 à 80 milliards de dollars pas mois

    => L’Euro ne sera plus « systématiquement et structurellement » surévalué par rapport au dollar => Les Exportations européennes retrouveront leur compétitivité à l’international, même sans que les Allemands ne continuent à payer leur salariés en dessous de ce que sont ces minima sociaux en France.
    et à l’échelon du Continent, il « naitra » une alternative de consommation/Sobriété heureuse au modèle consumeriste dominant, dans lequel les Parents éduquent leurs enfants.

  61. eric

    Bonsoir,
    Merci pour cet article qui reflète malheureusement le malaise profond de notre société.
    Des périodes de chômage, j’en ai vécu (suis né en 61), j’ai fait pas mal de boulots et j’ai quelques fois travaillé avec des ingénieurs sur des conceptions de machines, notamment pour chaines de montage.
    A l’époque (1990) et vous comprendrez pourquoi je vous parle de ça, a l’époque donc l’ingénieur avait une conception de son métier qui consistait à se tourner vers les techniciens (petite structure de 4 personnes) pour réaliser concrètement les plans qu’il avait établi la veille, c’est vous dire la totale liberté dont il disposais, pour le coup il squeezais toute la hiérarchie et animé d’une ferveur qu’il nous communiquais nous incluais dans ces projets car il avais compris une notion fondamentale qui est que la réalisation concrète ne peut se faire seul…

    Là où je veux en venir est que tout est lié, si demain un quidam dépose un paquet de billet sur un terrain vierge cela ne construira pas une maison, je veux dire que le concepteur sans le réalisateur n’est rien, c’est cela qui a été oublié, cette solidarité dans le travail bien fait, la reconnaissance d’un métier et quand bien même sans diplômes…

    Je vous suis en quand vous différentiez travail-emploi, moi je préfère adopter le nom de activité rémunérée ou non et je pense que l’emploi n’est pas une activité dans le sens où les contraintes sont telles que l’on n’y prend aucun plaisir, dans le sens où la déresponsabilisation est la norme, dans le sens que la qualité de la réalisation n’est plus reconnu et surtout dans le sens où le pire de l’individualisme se retrouve dans les entreprises…
    Donc pour moi, le retraité a une activité, le chomeur a une activité et c’est son choix, il investit son temps dans une chose qui donne un sens à sa vie et comme vous dites, quelques choses d’utile…

    Après voilà, j’ai lu les commentaires, très interressant d’ailleurs, mais je dois dire que certaines solutions oublient de régler les problèmes au passage.
    Car je suis bien d’accord de signer une pétition pour un revenu garanti inconditionnel, d’aucun disent européen, moi je précise universel, mais à qui l’adresser? à la bce qui refuse de prêter directement aux états, préférant prêter aux banques à des taux proche de 1% et qui ensuite prêtent à des taux usuraires qui vont de 8 à 10% notamment vers des pays comme la grèce;
    Adresser à la commission européenne? qui s’apprête à signer l’accord transatlantique avec les états unis? Au parlement européens? qui sous prétexte de la règle d’or (déficit inférieur à 3% du pib) dégrade notre système social et nos services public? Non cette pétition finira dans une poubelle, tout comme le vote majoritaire du « NON » à la constitution européenne.

    Certes, tout un tas d’initiatives que je vois, que je lis me donne espoir, quand je fais la rencontre d’un gars qui se bat en conservant ses graines, quand je vois des producteurs locaux qui court circuitent la grande distribution, quand je constate la prise en compte de notre impact écologique…
    Mais nous sommes 65 millions dans ce pays et de mon point de vue, il est hors de question de laisser des gens au bord de la route et tout cela est politique, l’on ne peut pas y déroger et je rejoint certains commentateurs qui enjoignent à une VIème république, à une constituante pour la réalisation d’une nouvelle constitution pour le peuple et par le peuple avec toute la vigilance que cela nécessite, avec l’inclusion d’un reférendum révocatoire pour mettre fin à la professionnalisation de la politique…

    Je ne suis pas encarté, je ne milite dans aucuns partis mais mes intuitions m’amènent à dire que ce système nous emmène dans le mur et que deux solutions s’offrent à nous soit nous nous saisissons de notre avenir en nous investissant pour changer cette société soit en entrant dans des actes sporadiques de violence qui je crois risquent d’arriver tel ce système est près de craquer, chose que je ne souhaite à personne…
    cordialement

  62. Voilà un bel article-fleuve avec ses commentaires dont certains permettront de se construire une bonne base !

    La peur du chômage n’est qu’un pendant du pouvoir. Le consumérisme est à mon avis bien plus aliénant, car même les chômeurs consomment alors qu’il n’en ont pas toujours les moyens (crédit conso).

    Sur la notion de travail pénible , d’automatisation, de mieux-être, je pense qu’il ne faut pas se leurrer. Certes, il ne « faut pas » (caractère obligatoire) revenir au moyen âge et moissonner à la serpe. Sauf si certains le souhaitent.

    Mais la plus grande erreur vient du fait qu’on pense que ces tâches « non qualifiées » sont les seules à être monopolisées par des robots qui coûtent moins au patron tout en étant beaucoup plus productif. En effet, les robots, dans leur forme logarithmique, sont en train d’envahir l’espace de décision. La prospective n’est plus seulement une affaire humaine. Des programmes analysent des milliards de données (Big Data inside) pour prédire nos actions, nos choix, nos vies. DANS LE BUT DE NOUS AIDER, bien évidemment (ironie). A chacun de se faire son opinion, je rappelle seulement que les cols blancs ont autant le couperet sur la tête que les cols bleus.

    Tout ça ne me gênerait pas si j’étais boursicoteur et actionnaire majoritaire de Twitter ou Google, évidemment. Je pourrais tourner un regard condescendant vers la plèbe en lui jetant des miches de pain, pain qu’elle aura elle-même financée en éparpillant ses données sur le web qui est ratissé par les groupes industriels.

    Malheureusement, je ne spécule pas et ça ne m’intéresse pas, même si des milliards de sites web me proposent d’apprendre le forex et l’art du trading facile (LoL). je ne suis pas chômeur, mais c’est pas mieux. Je bosse 12 heures par jour au minimum, je n’ai aucune aide/subvention, je mange des pâtes. Je n’aurais pas de retraite (commencé à travailler vraiment après les dernières classes du service militaire) mais je ne me plains pas. J’essaie de cultiver mon jardin, vraiment. On va s’en sortir. Si tout le monde éteint sa télé.

  63. Luce

    Bonjour,
    De suite après mon diplôme d’ingénieur (spécialisation informatique), j’ai changé de voie et passé un master en arts plastiques / arts appliqués. Aujourd’hui, j’ai quitté la métropole depuis 3 ans et j’enseigne les arts graphiques à des jeunes (pour la plupart en difficulté sociale) à Tahiti.
    Beaucoup de gens me posent encore la question pourquoi je ne travaille pas dans une grosse entreprise en tant qu’ingénieur. A partir d’aujourd’hui, je leur enverrai votre article.
    Merci. 🙂

  64. Pingback: ERE ETHIQUE. | Je serais tellement plus utile au chômage

  65. Pingback: Vibrant appel d’Alexandre Jardin à la mobilisation générale des faiseurs de la société civile #DIY #joie #FN #cestnous | JCFrogBlog4

  66. Pingback: Revue du web #1 | Lucide

  67. Pingback: L’aliénation du plein emploi « LE MESSAGE DU PLAN C

  68. Pingback: 2014-024 – [ploum] Creusez un trou et rebouchez-le ensuite | Un jour Une idée

  69. Pingback: Le Revenu de Base Inconditionné | Dimension Quarante-Douze

  70. Pingback: L’aliénation du plein emploi « sam7'Archives

  71. nw

    Ce serait vraiment intéressant de faire une grande liste des professions classée par nocivité pour montrer que l’obligation de trouver un emploi nous amène finalement à inventer des jobs qui travaillent contre le bien commun. Ceci est une conséquence du fait que nous ne sommes pas des êtres aux besoins extensibles à l’infini. Cela fait un bail que nos besoin de bases ont été pris en charge par quelques grande entreprises puis rationalisé pour couter le moins cher possible. Tout le reste c’est de l’extra, mais on nous oblige à vivre sur cet extra.
    On peut citer parmi les métier les plus douteux :
    Trader : Ils ne fabriquent rien, il utilisent les énormes masses d’argent misent à leur disposition pour créer des pénuries de toute pièce afin de faire une marge au passage.
    Commercial : Il tentent de nous forcer à acheter contre tout besoin.
    Publicitaire : Ils nous forcent à acheter aussi et organisent le suremballage, les formes de produit non standard, polluent le monde de prospectus et dégradent le paysage avec des panneaux publicitaires jusque sur les plages.
    Les assurances : qui font du profit sur la peur. Les assurances ne devraient pas faire de profit. Il ne devrait exister que des mutuelles.
    Les banques : qui utilisent un gigantesque système pyramidal pour faire du cash.
    Big pharma qui travaille à inventer de nouveau maux sans arrêt à supprimer les médicaments polyvalents aux profit des médicaments « ciblés ». 1 molecule = 1 effet (et pas plus!)

    • periscop

      Déjà en France tous ceux de + de 25 ans pas intéressés au consumerisme propagandé ambiant, ni à être propriétaire, ni à un emploi rémunéré, peuvent bien vivre des minimum sociaux (RSA-socle etc …) y compris de retraite (ASPA) jusqu’en fin de vie, (surtout si en co-location – pas « mariés » ni « pacsés » -partageant à 2 leurs frais de Logement avec 2 allocations-Logement) : il resterait à ce que ce « revenu universel minimum » soit étendu de la naissance à cet âge de 25 ans

      • Voilà un résumé pertinent de la dimension sociale qui anime nos existences. Pour ce qui est du revenu universel, il serait sans doute opportun que tout le monde en bénéficie, du chef d’état à l’adolescent. Histoire qu’il n’y en ait pas à pouvoir prétexter de ne pas avoir les mêmes devoirs que les autres, puisque n’ayant pas les même droits. Car en ce monde tout est vanité. Si un seul devait se sentir plus autonome que les autres relativement au système, il se permettrait de justifier ses exactions relativement à la prise de risque qu’il doit supporter lui et pas les autres. Et il lui paraîtrait par là même, légitime d’avoir plus de pouvoir !
        Ha ! l’humanité !!!

  72. Pingback: Comment je me suis radicalisé sur #Internet | JCFrogBlog4

  73. Pingback: Pressenza - C’est confirmé: je suis plus utile au chômage #OnVautMieuxQueça

  74. Pingback: C’est confirmé: je suis plus utile au chômage #OnVautMieuxQueça | JCFrogBlog4

  75. Pingback: La vérité sur l'emploi, le chômage et la pauvreté | Philosophie, médias et société

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *