Révolution libérale? Non merci, sans façon.

Je suis bien emmerdé.

Le web bruisse de révolte libérale, les dernières mesures de Mr Hollande ont réveillé certains de nos amis micro et macro entrepreneurs (qu’importe qu’il y ait eu manip ou non), et moi je n’ai pas envie de m’embrouiller avec mes copains entrepreneurs 🙂

Mais bon, je ne vais pas me planquer quand même, je vais juste essayer de dire amicalement mon avis.

Allons-y.

J’aime les des entrepreneurs. Je n’aime pas le libéralisme.

Je ne défends pas le moins du monde les réformes de notre monarque Président, elles participent d’une vieille gestion so XXeme siècle. On bouge les curseurs, on regarde des courbes, et on ne change rien. Je comprends que les mesures annoncées angoissent les “startups”, que des auto entrepreneurs se sentent floués, que certains pensent que cela va plomber l’économie, et/ou leurs économies.

Je ne suis pas rentier, ma situation privilégiée mais précaire ne me fait pas du tout prendre ces choses là à la légère. Je sais que je dois mon super job à un entrepreneur et je n’écarte pas l’idée d’entreprendre un jour (j’ai déjà fait micro entrepreneur).

Si je comprends des gueulantes et suis même d’accord avec certaines, je reste fondamentalement en désaccord avec l’idée qu’il faudrait pour autant se tourner vers plus de libéralisme.

Je me demandais à lire tous ces posts qui sont si loin de ma vision du monde ce qui faisait que je me vois comme un vrai gaucho.. libéral 🙂

Je suis libéral au sens où je suis pour le fait de laisser l’innovation s’exprimer, que je partage la crainte d’une normalisation castratrice, que je comprends l’intérêt à ce qu’on ait envie de “mettre du beurre dans les épinards” comme on dit par chez nous.

Mais je reste avant tout un gauchiste au sens où je veux que tout le monde aie des épinards avant qu’on s’occupe du beurre. Je ne crois pas que la fortune des uns élève la condition des autres.

Je suis d’autant plus remonté que le système libéral défendu implique selon moi de façon inéluctable que certains alignent des wagons de beurre quand les épinards sont de plus en plus rares.

Enfin regardons le monde. Quelle est donc cette crise phénoménale qui nous explose à la gueule? Une crise socialiste? Un crack humaniste? Avons nous donc vécu sous l’enfer d’une dictature planétaire rouge? Comment peut-on appeler de ses vœux un libéralisme sauveur comme si il ne gouvernait pas tout depuis des décennies.

Je comprends dans le meilleur des cas que l’entrepreneur aie le sentiment de créer de la richesse, des emplois. Je ne crois pas à tout ça mais bon, on va pas tomber d’accord sur tout aujourd’hui 🙂 J’oublie un instant les pures malades qui ne pensent qu’à leur pognon, je sais que certains pensent sincèrement à l’égalité des chances et même à la justice en demandant un recul de l’Etat.

La vérité à mon humble avis est crue: qu’on leur tape sur la gueule ou qu’on leur fasse des ponts d’or, les entrepreneurs ne sauveront pas le monde. Il n’y a plus de travail, et je le dis en pesant mes mots: tant mieux. (tiens justement on en parle ici) Si on ne réorganise pas la société autour de la distribution des activités humaines au service de l’intérêt général, on passera encore les prochaines décennies à compter nos millions de chômeurs.

Si tu es excédé par la lourdeur d’un Etat vieillissant, je te rejoins. Ca ne m’empêche pas de vouloir un Etat fort. Mais un autre, un vrai.

Camarade libéral, crois le si tu veux, je comprends certaines de tes colères. Mais je me vexe quand tu refuses d’entendre que non, tout le monde ne rêve pas de faire fortune, non tout le monde ne s’oppose pas au libéralisme par jalousie.

Il est des ambitions sincères et différentes.

Oui? Plait-il?

– “A bien y réfléchir, la réalité des riches n’est pas si éloignée des rêves des pauvres”

Ta gueule Pierre 😉

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